Cameroun : L’Anor sort du régime de subvention

Depuis février dernier, le Minfi a cessé de lui octroyer des fonds. Désormais, l’agence devra s’appuyer sur l’argent généré par la taxe d’inspection, entre autres.

L’Agence des normes et de la qualité (Anor) devra désormais s’assumer financièrement. En clair, elle va elle-même trouver les fonds nécessaires à son fonctionnement. Une notification dans ce sens lui a été faite en février dernier par le ministère des Finances (Minfi), qui lui fournissait jusqu’ici les fonds dont elle avait besoin. Cette décision a d’ailleurs constitué le principal centre d’intérêt du conseil d’administration relatif à la clôture des comptes de 2016, vendredi dernier à Yaoundé. Dans la pratique, « une fois le budget adopté, nous le soumettions au Minfi qui, après approbation, nous accordait des financements trimestriellement », nous explique une source interne à l’Anor. Grâce à cette subvention de l’Etat, la structure a œuvré à élargir le portefeuille des normes nationales qui d’après notre source, est passé de 300 à près de 1900 entre autres.
L’Anor devra désormais s’autofinancer. Deux sources d’approvisionnement ont été présentées lors du conseil d’administration à savoir : le Programme d’évaluation de la conformité avant  embarquement des marchandises importées en République du Cameroun (PECAE) et la taxe d’Inspection de la société générale de surveillance (SGS). Ces deux outils sont destinés respectivement au contrôle de qualité pour le premier et à celui relatif à la valeur des marchandises importées pour le second. Par ailleurs, elle ne dépend plus du Trésor public, mais dispose désormais d’un compte alimenté au gré des recettes issues des inspections.
Face à cette nouvelle donne,  Mohamadou Bayero Fadil, président du conseil d’administration a recommandé à la direction générale transparence et célérité dans la gestion quotidienne. « Il est question ici d’éviter une détérioration de la qualité de la dépense publique », a-t-il déclaré.  Pour gérer les fonds issus des nouvelles sources de financement de l’Anor, le conseil d’administration a instauré, lors de la session extraordinaire du 7 juin dernier, un Comité Ad Hoc d’audit. L’organe de contrôle de gestion accompagnera la structure dans l’atteinte de ces objectifs en évaluant les processus de gouvernance et en faisant des propositions pour renforcer son efficacité. L’autonomie de l’Anor ne lui confère cependant pas une totale indépendance. La structure demeure sous la tutelle financière du Minfi qui conserve un droit de regard sur ses finances.
 Mohamadou Bayero Fadil:  «L’autonomie financière   consolidera notre gouvernance»

Président du conseil d’administration de l’Anor

Comment avez-vous accueilli la décision mettant un terme aux subventions?
C’est une décision logique qui s’inscrit en droite ligne des objectifs que nous nous sommes fixés lorsque nous prenions les commandes de l’Agence, à savoir l’acquisition d’une autonomie financière pour mieux accomplir nos missions. Nous étions bien conscients, compte tenu des lourdes responsabilités et des engagements financiers de l’Etat, que cette subvention ne devrait pas rester éternelle. Des réflexions avaient été préalablement menées, conjointement avec le gouvernement, dans l’optique de rechercher des ressources pérennes susceptibles de financer les activités liées au développement de la normalisation au Cameroun. Elles ont abouti à la mise en place du Programme d’évaluation de la conformité avant embarquement des marchandises importées en République du Cameroun (PECAE) et au reversement pour le compte de l’Anor, de la taxe d’inspection SGS.
A quoi doit-on s’attendre dans les prochains jours ?
Disons que les choses iront très vite après la clôture des comptes de l’exercice 2016. Le recadrage du budget de l’Anor pour le compte de l’exercice 2017, nous impose un réajustement de notre plan d’action inscrit dans les différents programmes. A cette occasion, un accent particulier sera mis sur l’exécution des chantiers inachevés notamment, la reprise de la campagne de sensibilisation dans les dix régions pour mieux nous faire connaître. La direction générale doit être très ambitieuse parce qu’aujourd’hui, la normalisation doit être connue de tous. Nous devons aller vers les consommateurs pour les rassurer dans la mesure où, l’Anor est une institution transversale qui doit accompagner le gouvernement dans la réalisation des projets structurants. Beaucoup de chantiers sont en cours d’exécution au Cameroun et nous aimerions avoir l’estampille de l’Anor sur tous les documents afin de garantir la sécurité des populations.