Cameroun: L’Amour un bon rèmede contre l’Alzheimer

L’amélioration du cadre de vie et le soutien aux victimes aident à lutter contre cette maladie incurable.
«Personne n’a rien vu venir. Ça a commencé tout doucement par des petits gestes que nous prenions pour l’étourderie. Elle rangeait ses affaires à un endroit puis ne savait plus où elle avait mis son kaba, ses lunettes, etc. Un jour, elle m’a appelé par le prénom de ma petite soeur. Plus tard, elle a semblé ne plus savoir qui j’étais. Elle est physiquement présente mais absente d’esprit. Ca été un choc pour nous ses enfants de la voir ainsi. Elle si débordante d’énergie ! Encore aujourd’hui même si on a pu mettre un nom sur cette maladie, j’ai le coeur déchiré quand je pense que mes enfants ne peuvent pas pleinement profiter de leur grand-mère à cause de l’Alzheimer », raconte cette maman rencontrée ce mercredi à l’hôpital Jamot de Yaoundé.

Son regard se perd parfois au loin pendant qu’elle parle et en dit long sur la souffrante qu’elle tait par pudeur. Ce 21 septembre marque d’ailleurs la célébration de la journée mondiale de l’Alzheimer à travers le monde. Cette date a été choisie pour donner un écho retentissant à la lutte contre cette maladie qui touche selon des statistiques jugés « suffisamment alarmants » selon l’Oms, 47,5 millions de personnes.

Un fléau d’ampleur internationale en forte progression que le Dr Laure Menguene psychiatre à l’hôpital Jamot définit comme étant : « une maladie neurologique évoluant lentement et progressivement. C’est la dégradation de la mémoire, du raisonnement, et la capacité de la personne à accomplir ses tâches quotidiennes », explique la psychiatre. La maladie d’Alzheimer touche surtout les personnes âgées à partir de 60 ans indique les spécialistes. En l’absence de statistiques, il est difficile d’avoir le taux de prévalence au Cameroun. Toutefois, le Dr Laure Menguene dit recevoir en moyenne trois cas par jour.

Les symptômes de cette maladie ne sont pas toujours faciles à reconnaître. « Au début c’est des petits oublis, des pertes d’objets puis au bout de six mois selon les cas, la maladie peut évoluer vers un stade plus profond. Le patient n’arrive plus à s’exprimer correctement, n’a plus de sens de repères et manifeste des troubles du comportement. La personne autrefois dynamique devient apathique et ne manifeste plus d’intérêt pour ce qui se passe autour de lui. A la fin, le malade perd toute autonomie et ne peut plus se débrouiller seul. Il faut veiller sur lui en permanence ».Le diagnostic se fait à l’hôpital où le patient est soumis à divers examens cliniques (hypertension, diabète, tests de mémoire, etc). A l’heure actuelle, il n’existe pas encore de traitement permettant de guérir l’Alzheimer. Toutefois, des médicaments comme des antidépresseurs peuvent être soumis au malade. « Il existe aussi un traitement pour les troubles associés », indique le Dr Laure Menguene. Pour le meilleur remède reste l’amour que nous devons témoigner aux malades.

« Il faut améliorer le cadre de vie du patient en l’entourant des gens, en le faisant participer à de petites activités sociales ou sportives », conseille la psychiatre.