Cameroun : la ville de Batouri privée d’électricité depuis plus de deux ans

Les entreprises et commerces de cette localité, située dans la région de l’Est, usent de groupes électrogènes tandis que certains ménages s’éclairent à la lampe-tempête.

La ville de Batouri, dans la région de l’Est, est plongée dans l’obscurité. Les premières coupures d’électricité y sont survenues en 2014. Les populations recouraient alors à l’usage de lampes-tempêtes ou de bougies pour s’éclairer. De l’autre côté, cette situation venait troubler le train-train quotidien des habitants de Batouri, obligés de se passer de certains appareils électroménagers.

Au fil du temps, l’absence d’électricité est devenue la règle. Quelques heures passées dans la ville de Batouri jeudi dernier a permis au reporter de Journal du Cameroun d’observer que les banques, stations d’essence, certains commerces et les entreprises se servent de groupes électrogènes pour leurs activités. Il en est de même des hôtels, qui font aussi les frais de cette situation. Le coût d’une nuitée y varie, en partie, en fonction de la disponibilité ou pas d’un groupe électrogène, souvent éteint à minuit.

« Notre intendance dispose d’un groupe électrogène. La hiérarchie nous fournit du carburant, donc nous travaillons sans problème. Du côté de la maison, j’ai dû acheter un groupe électrogène, je ne m’en sers que la nuit puisqu’en journée je suis au travail », a expliqué un travailleur affecté à Batouri.

Les populations, elles, sont contraintes de se débrouiller, pour vivre sans énergie électrique. « Certains d’entre nous s’entendent avec les voisins qui ont des groupes. Ils paient, et les voisins leur fournissent l’électricité. Ceux qui n’ont pas assez d’argent se contentent de bougies et de lampes-tempêtes. On va faire comment alors ? Les enfants ne vont plus étudier ? Vraiment on souffre trop », se plaint habitant interrogé par Journal du Cameroun.

D’autres problèmes durcissent également les conditions de vie à Batouri. Il y a, notamment, les coupures régulières d’eau et l’accès difficile à la ville du fait de la route très enclavée.