Cameroun: La retraite est un droit citoyen

A tous ceux qui redoutent la retraite et qui multiplient des subterfuges pour repousser cette échéance, le plus loin possible, Anatole Mvena dit : pas de panique, de même qu’il interpelle les pouvoirs publics sur la nécessité de faciliter les choses à ceux qui accèdent à ce niveau après de longs et loyaux services à la nation.

D’après le dictionnaire, la retraite est la « disponibilité résultant de l’arrêt définitif de toute activité professionnelle et assortie du paiement régulier d’une pension ». Au Cameroun, certaines personnes considèrent la retraite comme une calamité et font des pieds et des mains pour rester éternellement en fonction. Aussi voit-on dans les administrations publiques et privées, des individus qui  seraient plus âgés que Mathusalem et qui rampent plus qu’ils ne marchent pour se rendre à leur lieu de travail. Ce n’est pas par complaisance que ces personnes sont maintenues à leurs différents postes de travail. C’est que l’âge qu’indique leur acte de naissance rajeunie au delà de l’acceptable, leur donne un âge inférieur à celui de leurs petits-enfants.
A toutes ces personnes qui courent éperdument devant la retraite, Anatole Mvena, le président de  l’Association nationale des retraités pour le développement et la prévoyance collective (Asnatradep) rappelle cette sagesse d’un ancien Directeur général de la Société nationale des eaux du Cameroun qui disait que : « la retraite n’est ni une sanction, ni la fin des activités ; la retraite signifie plutôt le changement d’activités ».

Il faudrait rappeler que l’Asnatradep, créée en 2013, a pour but premier  d’impulser et contribuer à la mise en place, à la consolidation et au développement, sur le plan national, d’un mouvement des travailleurs retraités engagés à œuvrer pour le développement et la prévoyance des membres. Le président Mvena est donc un homme d’expérience qui réfléchi par sept fois avant d’ouvrir la bouche pour sortir des paroles de sagesse. On devrait donc le croire sur parole lorsqu’il affirme que : « Le retraité n’est donc pas mis à l’écart de l’activité économique, au contraire. Comme le bon vin, il se bonifie avec le temps. Fort de l’expérience accumulée, il contribue à l’amélioration du quotidien des camerounais. Le social devient son volet de prédilection. Entre les autorités et les citoyens ordinaires, il joue le rôle de médiateur. Il attire l’attention sur les situations pouvant entrainer des remous au sein de la société ».
Certes tout n’est pas rose pour tout le monde dans l’univers des retraités, et le président des retraités est le premier à le reconnaître et à le déplorer. En effet, affirme-t-il, « dans les années 90, certains compatriotes ont été employés à la Fonction publique comme Contractuels. Ils étaient donc sous contrat avec l’administration camerounaise. Leurs prestations sociales étaient régulièrement reversées à la CNPS.
Quelques années plus tard (des dizaines d’années pour certains), ils ont été intégrés à la fonction publique. Et c’est là où les problèmes commencent. On leur demande aujourd’hui de reverser à l’administration toutes les cotisations régulièrement déposées à la CNPS, pour pouvoir jouir de leur retraite à la fonction publique. Quelle injustice ! »
C’est pourquoi le patriarche de New-Bell lance un cri de détresse aux pouvoir publics pour qu’ils se saisissent de ce problème au plus vite, « afin que, ayant travaillé pour ce pays, les aspirants retraités puissent jouir comme tout le monde, du repos du juste ».

Une nouvelle vie
Le président de l’Asnatradep rassure dont les retraités qui ne savent pas quoi faire de leur temps libre et tous les autres futurs retraité sur les chantiers qui sont les leurs.   Pour lui en effet, « le retraité, libéré de toutes les contraintes et autres obligations, est donc l’assistant par excellence de la politique des grandes réalisations. Il œuvre pour la jeunesse ». Aussi exhorte-t-il les uns et les autres  à taire leurs complexes et à reprendre du service pour le succès de la marche vers l’émergence de leur pays. « Pensons à l’héritage que nous allons léguer aux générations futures », indique-t-il aux uns et aux autres.