Cameroun: La police saisit un camion de chanvre indien à Garoua

La cargaison en provenance de l’Ouest a été prise la nuit du 1er au 2 octobre dernier.

Le camion Mercedes 1824 immatriculé CE 570 CB, trône sa cargaison encore chargée, tel un trophée dans la cour du Groupement mobile d’intervention (Gmi) 4 de Garoua. 237online.com Les visiteurs doivent se pincer le nez pour ne pas être étourdis par l’entêtante odeur qui émane des grands sacs en plastique qui encombrent la plateforme de l’engin. « Voilà c’est ça! Le chanvre indien », explique le commissaire de police principal Claude Mathieu Abondo. Il poursuit que c’est dans la nuit du 1er au 2 octobre 2016 que ses hommes en poste à la barrière mixte gendarmerie-police de l’entrée de la ville à Sanguere Paul ont pris en chasse deux voitures. Le camion avait d’abord passé aisément ce poste de contrôle. Mais, grâce à un renseignement, le commandant du Gmi 4 de Garoua a dû le pourchasser. Une fouille de la cargaison a révélé la supercherie. Dissimulés derrière des sacs de

ciment et de piments, 33 sacs de chanvre indien. Les colis pesaient chacun entre 40 et 70 kg. « Le piment servait à masquer l’odeur du chanvre indien et le ciment à augmenter le poids du camion », explique le commissaire principal Mathieu Abondo. C’est par cette astuce que le camion a pu traverser les postes de contrôle et de pesages depuis Magba d’où il a chargé sa stupéfiante marchandise. C’est du moins ce que Aminou Oumarou, le propriétaire de la cargaison a révélé aux policiers. L’homme d’une quarantaine d’années que nous avons trouvé devisant tranquillement avec le chauffeur et le motoriste du camion sur un banc dans la cour du commissariat. Ils étaient assis sur un banc à une dizaine de mètres à l’ombre de grands arbres. Les policiers avaient fait sortir leurs prisonniers du poste de police afin qu’ils prennent de l’air. Aminou Oumarou a expliqué aux policiers que ce trafic est son « activité ». Il a prétendu que la drogue provient de Kumbo. Il aurait reçu sa livraison à Magba dans la région de l’Ouest et devrait en livrer une petite quantité à Garoua et une autre plus importante dans l’Extrême nord. « Le propriétaire de la cargaison n’était pas à bord du camion qu’il suivait avec sa propre voiture, une berline », ajoute le policier. Le commissaire principal Mathieu Abondo reconnaît que cette prise n’est pas la première que ses hommes et lui font. « C’est un trafic transfrontalier qui part des régions de l’Ouest et de l’Est du Cameroun et va jusqu’au Tchad et au Nigeria. C’est surtout dans ce dernier pays que la consommation est très grande », affirme-t-il. Il s’inquiète que les quantités de drogues saisies deviennent de plus en plus importante. « Nous n’avions jamais saisi une aussi grosse cargaison », s’est-t- il félicité.