Cameroun: La jeune fille, un investissement sûr

Elle était à l’honneur lors de la journée internationale de la population. Pourquoi investir sur une adolescente ? Tel était le thème de la journée internationale de la population, qui a été célébrée ce 11 juillet à Ngaoundéré.

Le choix de la capitale de l’Adamaoua, pour abriter cet événement, ne s’est pas fait au hasard. C’est que dans le Septentrion, certains parents se posent encore la question. Or, les raisons pour le faire ne manquent pas. 237online.com Primo, comme un enfant du sexe masculin, l’adolescente a droit aux mêmes chances de réussir dans la vie que son frère du même âge. Secundo, toujours comme le garçon, l’adolescente doit bénéficier de tous les avantages, de toute l’attention, de tout l’intérêt dont bénéficie le garçon. Tertio, toujours comme l’adolescent, la jeune fille doit être traitée comme un être humain, et non comme une vache à lait qu’il faut traire jusqu’à l’assécher ! Envoyées mariage trop tôt, à 13 ou 14 ans, les filles dans le Grand-Nord sont privées de l’accès à l’éducation, qui est pourtant «un droit fondamental pour tout être humain», d’après l’organisation des Nations unies pour l’enfance

(Unicef). Une fois en mariage, ces adolescentes deviennent des filles mères. En évoquant les chiffres des mariages précoces au Cameroun, le bureau central des recensements et des études de population (Bucrep), qui a publié les résultats d’une enquête menée par l’EDS-MICS, estime à 11,4% les filles qui se marient avant l’âge de 15 ans. Pour changer la donne, et donner la chance aux jeunes filles de devenir des Margaret Tatcher, Hilary Clinton ou Ellen Johnson Sirleaf, les parents, la société, doivent investir sur elles afin que plus tard, «elles puissent assumer pleinement leur rôle de mère et de participer activement au développement du pays». Cet investissement devra passer par une formation intégrale dans tous les domaines dont l’éducation, la santé et la protection des droits des adolescents. Cette tranche de la population est estimée à 2 664 281 personnes. Et dans l’Adamaoua, sur plus d’un million d’habitants, les adolescentes sont environ 305 888.