Cameroun : La drogue, un danger pour la société

Le lien entre l’usage des substances illicites et la criminalité évoqué lors d’une conférence à Douala.

La drogue, combustible le plus efficace du terrorisme. Le Dr Ibrahim Moubarak Mbombo, président du directoire du Programme islamique pour l’assistance humanitaire (Piah), établissait ainsi le lien entre l’usage de drogues et la grande criminalité. C’était lors d’une conférence organisée le 22 juin 2017 au siège de la Piah à Douala (en prélude à la journée internationale contre l’abus et le trafic des drogues, le 26 juin). Sur le thème : « Phénomène de la drogue, comment sortir les jeunes du piège. » Une rencontre à laquelle prenaient part Aboubakar Njikam, inspecteur général des services du gouverneur du Littoral, le Dr Jean-Louis Jon, psychiatre, des dignitaires et des membres de la communauté musulmane.
Il était ainsi question de faire la corrélation entre drogue et insécurité, ainsi que les peines encourues par les acteurs de la filière, producteurs, dealers, consommateurs. Une partie exposée par Aboubakar Njikam. Pour Ibrahim Moubarak Mbombo, il s’agissait d’examiner la consommation de la drogue à la lumière des textes coraniques. Il a ainsi relevé qu’un toxicomane ne peut pas accomplir régulièrement ses prières. Mais il est allé plus loin en citant les grands lieux de trafic à Douala : le Marché central, non loin du couloir où sont reconditionnées les bouteilles en plastique collectées dans les poubelles ; le quartier Ndogsimbi, le long de la voie ferrée, un endroit où « les sacs et porte-monnaie arrachés au carrefour Ndokoti sont dépouillés » ; and last but not the least, le quartier Makea, surnommé « Colombie ».
Des zones qui rentrent dans un échiquier plus grand du trafic de drogue. « Les membres des mouvements terroristes et de crimes organisés ont besoin de la drogue pour assurer la prospérité de leurs activités », a expliqué Cheikh Moubarak. D’ailleurs, parlant de consommation, Aboubakar Njikam a fait une révélation : « Dans une actualité plus récente, chez les combattants de Boko Haram neutralisés, on a détecté des traces de drogue. » L’Ig est revenu sur les différents mécanismes mis en place par l’Etat pour lutter contre le mal jusque dans les établissements scolaires. Car, comme l’a relevé le Dr Jon dans son exposé, les substances illicites comme le cannabis et le Tramol sont moins chères et donc facilement à la portée des jeunes. Il s’agissait pour lui de montrer comment la drogue modifie la perception que l’individu a du monde qui l’entoure. Le psychiatre a interpellé les leaders religieux de toutes croyances afin qu’ils participent à reformater la pensée des jeunes drogués pour qu’ils aient une pensée positive.