Cameroun: La Comicodi dit non a une gendarmerie de voyous et de braqueurs

Dans cette correspondance adressée à Monsieur le Commandant de la légion de gendarmerie du Centre à Yaoundé, la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination (COMICODI) dénonce de graves abus institutionnalisés de la Brigade de gendarmerie de Nlongkak

Monsieur le Commandant,La Commission indépendante contre la corruption et la discrimination s’autorise de vous interpeller respectueusement dans l’urgence, pour les graves abus accompagnés de tortures, de séquestration, de casses et d’extorsions des fonds, devenus une institution à la Brigade de gendarmerie de Nlongkak.

 

En effet toutes les fins de semaine, régulièrement le jeudi et le vendredi, le commandant met deux de ses éléments armés de fusils d’assaut FAL à la disposition d’un petit escroc de la Mairie de Yaoundé premier. Le scénario qui se met alors en place, est l’intrusion brutale chez des petits débrouillards isolés qui tiennent boutique : coiffeuses ; call boxeuses ; vendeurs de beignets ; alimentation etc….

Bien évidemment les comparses se partagent le gain d’une façon ou d’une autre à la fin des opérations.

Les méthodes utilisées, au nom de recouvrements de taxes qui changent de nature et de coût à la tête du client, sont en violation de toutes les lois et règlements de la protection des personnes et des biens. Nous avons été témoins à plusieurs reprises, parfois face à des éléments armés déjà saouls.

Aussi nous vous rappelons que le contexte social est des plus fragiles, et que les armes de guerre utilisées sans raison valable en pleine agglomération urbaine, constituent une dangereuse dérive. Il est donc urgent et très urgent d’y mettre fin, avant que des accidents incontrôlables aux conséquences les plus dramatiques ne surviennent. On ne va pas à l’école de gendarmerie pour apprendre à oppresser les citoyens en plein jour avec des armes de guerre, ni à contribuer à salir et à ternir l’image du pays par des actes de braquage à ciel ouvert. Ces brebis galeuses doivent être jetées hors du corps.

Nous avons besoin des armes de guerre pour combattre les terroristes à l’extrême nord du pays et non pour extorquer des fonds en plein jour en brutalisant les débrouillards.

Nous avons besoin des gendarmes dont nous pouvons être fiers, comme ceux qui réalisent des succès régulièrement à L’EST et ailleurs, en maîtrisant des coupeurs des routes et mettant hors d’état de nuire des bandits de grand chemin.

Avec notre profond respect

Le Président de la Commission

SHANDA TONME

Médiateur universel