Cameroun: la Coalition camerounaise contre le tabac (C3T) appelle à l’adoption d’une loi anti-tabac

23 900 personnes en sont mortes en 2014 suite à la consommation du tabac et ses dérivés.

Le Cameroun produit 5 tonnes de tabac tous les ans. Selon les données de la Coalition camerounaise contre le tabac (C3T), 4,3% de femmes et 13,9% d’hommes consomment du tabac. 23 900 personnes en sont mortes sur l’étendue du territoire national en 2014. «Chaque année, le tabac tue plus que le paludisme, la tuberculose et le VIH réunis. Si au sein de l’opinion d’autres maladies semblent se situer au premier rang pour ce qui est du nombre de décès, le tabac décime  en silence, le plus grand nombre de vies», apprend-on. Aussi, l’enquête regrette qu’à ce jour, plus de 6 millions de citoyens sont exposés à la fumée secondaire du tabac dans tous les lieux publics (restaurants, transports, lieu de travail, bistrots…)
Autres constats, les industries de tabac violent la réglementation sur la publicité. Ces dernières « usent des stratégies » pour contourner la loi N096/11 du 5 août 1996 qui interdit toute publicité de ce stupéfiant. Pourtant, observe le C3T, les industries de tabac mettent en circulation des sacs, des parasols, des T-shirts, des sacs plastiques et autres objets portant leurs marques ainsi que leurs logos.

Sur le plan économique, cette association de la société civile dirigée par le Dr Flore Ndembiyembe, se désole que le prix de la cigarette au Cameroun soit l’un des plus bas au monde, « favorisant de fait, la forte consommation, y compris par les tous petits ». La cigarette la moins couteuse s’élève à 25 Francs. Le paquet de 20 cigarettes, soit une boite vaut en moyenne 436 francs CFA. Toujours selon l’enquête, les fumeurs actuels de cigarettes manufacturées, dépensent environ 4690 Fcfa par mois.
Pour inverser ces tendances, la Coalition camerounaise contre le tabac appelle à l’adoption d’une loi anti-tabac.  Une proposition dans ce sens a d’ailleurs été adressée aux autorités publiques. Elle présente  des mesures telles que «la protection contre l’exposition à la fumée du tabac; l’interdiction de la publicité en faveur du tabac, de la promotion et du parrainage; la prévention de l’accès des jeunes aux produits du tabac, l’augmentation des prix du tabac par une fiscalité sur la santé publique, des sanctions et amandes allant à plus de 50 millions…»
Autant de dispositions qui, de l’avis de la coalition, devrait réduire les chiffres « préoccupants» du tabagisme au Cameroun, et faire du pays un territoire «plus saint et plus productif». Déjà, l’ONG loue les premiers efforts des pouvoirs publics. Notamment la suppression en 2014, de la subvention aux industries de tabac au profit de la filière manioc.