Cameroun – Justice: Un policier conteste sa révocation par le Président de la République, Paul Biya

Le policier, Gardien de la paix, estime que l’arrêté qui l’expulse du corps des fonctionnaires de police comporte des erreurs.

Un policier conteste sa révocation par le Président de la République, Paul Biya. Le nommé Nyamsi Joseph, Gardien de la paix, conteste l’arrêté du Chef de l’Etat portant sa révocation du corps des fonctionnaires de la police du 15 avril 2014. Il a saisi le tribunal administratif de Yaoundé qui a examiné le dossier mardi 12 juillet dernier.

Selon le rapport qu’a dressé le juge dans cette affaire, M. Nyamsi a déposé un recours en annulation de l’arrêté présidentiel du 20 août 2014, le sanctionnant pour abandon de poste constaté le 10 avril 2010. Le policier «reproche à l’acte de révocation deux vices de forme. D’abord un visa qui indique une décision du 2 février 2012 portant renvoie de monsieur Toulou devant le conseil de discipline, selon le procès verbal du 26 avril 2012. L’autre visa fait référence à monsieur Nyamsi Joseph, gardien de la paix à Nanga Eboko», lit-on dans les colonnes du journal Kalara du 18 juillet 2016.

Le plaignant affirme qu’il n’a jamais travaillé à Nanga Eboko, mais était plutôt en service à Douala. De même, il reproche à l’acte du Chef de l’État de le sanctionner une deuxième fois pour les mêmes faits, alors que le Délégué Général à la Sûreté National (DGSN) avait signé sa reprise en solde en 2012. M. Nyamsi explique qu’il n’a jamais abandonné son poste, mais était plutôt malade. En service à Douala, il aurait demandé une permission d’absence à sa hiérarchie de l’époque, le 7 mai 2010. Sauf qu’il n’aurait pas attendu la réponse de celle-ci.

Le journal relate que, pendant son absence évaluée à 20 mois, M. Nyamsi se serait rendu à Bafoussam pour son traitement. C’est ainsi qu’il a été privé de son salaire pendant toute cette période, après avoir été convoqué à un conseil de discipline. Refaisant surface en janvier 2012, il aurait rencontré le DGSN pour lui expliquer sa situation. C’est ainsi que ce dernier lui aurait signé une reprise en solde à compter du 7 février 2012. Pour les erreurs matérielles contenues dans l’arrêté de révocation, ce gardien e la paix espère une annulation du tribunal.

Le représentant du DGSN devant la barre, le Commissaire Mfoum Minkoua Landry a expliqué que M. Nyamsi  avait été convoqué successivement à deux conseils de discipline  en rapport avec son absence pendant plus de 20 mois à son poste de travail. «Ce dernier n’avait jamais donné signe de vie à son patron durant son absence et encore moins, ne l’aurait informé de son état de santé», apprend-on.

Le Commissaire explique également que le document signé par le DGSN ne prenait en compte que sa reprise en solde (Salaire à nouveau disponible), sans pour autant effacer son absence non justifiée. C’est pour cet abandon de poste que le gardien de la paix a été écarté du corps des fonctionnaires de police. «Les erreurs matérielles sur lesquelles M. Nyamsi veut s’accrocher n’entachent en rien la sanction qui a été prise», précise le commissaire.

Kalara indique qu’un nouvel arrêté comportant des mentions correctes aurait été signé le 28 avril 2014, soit treize jours après le premier acte. Pour ce document nouveau, le ministère public a demandé le renvoi pour un nouvel examen du dossier. Ce que le tribunal a ordonné.