Cameroun – Jeux africains 2015: Que peut le Cameroun à Brazzaville ?

Représenté par 174 athlètes, le pays classé 8ème à Maputo 2011 ambitionne de figurer parmi les cinq meilleures nations africaines.

Le kick-off officiel de la 11ème édition des Jeux africains de Brazzaville au Congo sera donné ce jour à Kintélé. Pendant deux semaines (du 04 septembre au 19), des athlètes venus de plus de 53 pays vont compétir dans 22 disciplines. Il s’agit de : l’athlétisme, le badminton, le basket-ball, la boxe, le cyclisme, l’escrime, le football, la gymnastique, l’haltérophilie, handball, judo, karaté, lutte, natation, pétanque, rugby à 7, tennis, tennis de table, volley-ball, volley-ball de plage, et handisport. L’évènement est placé sous la coordination du Comité d’organisation des Jeux africains (Coja).
A ce jour, indique Afrik.com, le complexe sportif de Kintélé, flambant neuf, est bel et bien terminé. Le viaduc de 7 kilomètres, qui part du rond-point dit « Kéba na virage », dans l’arrondissement 6 Talangaï, a été inauguré dimanche dernier. Quant au site situé non loin du complexe sportif et qui fera office pour la circonstance de village olympique et dont la capacité d’accueil est de 8 000 lits, il est déjà opérationnel. L’ensemble des chambres sont complètement équipées pour accueillir les milliers d’athlètes en compétition. Le Congo est donc à jour. Les derniers doutes qui planaient encore à l’horizon ont été levés, ces derniers jours. Car les doutes auraient été levés.

Sur le plan compétitif, du coup, certains responsables ont été désignés par des confédérations sportives ou associations internationales. C’est le cas de Bertrand Magloire Mendouga, le président de la Fédération camerounaise de boxe (Fécaboxe) qui a été désigné InternationalT Officer (Ito) par l’Association internationale de boxe (Aiba). La Confédération africaine de Football (Caf), elle, a désigné Ibrahima Blasco Barry, le secrétaire général de la fédération guinéenne de football, comme coordinateur général des Jeux, assisté de Barry Rukoro (Namibie), pour diriger le tournoi masculin, tandis que le tournoi féminin revient à Quentin Toussaint Didavi (Bénin) et à Nomsa Mahlangu (Afrique du Sud). Amadou Ali, le Vice-premier ministre, ministre délégué à la présidence de la République chargé des Relations avec les assemblées, représentera le président de la République Paul Biya à cette ouverture des jeux. Certaines compétitions ont débuté le 02 septembre dernier.

174 athlètes
Toutefois, le Cameroun prend part à douze épreuves sportives constituées de sports individuels et collectifs dont : athlétisme pour personnes valides et handicapées (handisport), basket-ball (dames), boxe (dames et messieurs), football féminin, haltérophilie, handball, judo, karaté, lutte, powerlifting et volley-ball (dames et messieurs). « Elle comprend 174 athlètes et la délégation est formée d’une suite d’officiels ». En 2011, le Cameroun était représenté par treize disciplines.
Sur l’absence des disciplines telles que le tennis et le tennis de table, que certains espéraient retrouver à ces jeux cette année et dont Catina Gamo est la championne d’Afrique en simple et double dames, pour ne citer que celle-là, les uns et les autres apportent leur explication. « Sur le choix de ces disciplines, il y a eu les phases de qualification. Les fédérations ont procédé aux qualifications, chose qui n’a pas été faite pour certaines disciplines. Sur les sports en athlétisme par exemple, il était question de faire des minimas. Voilà donc un tout petit peu comment ça s’est passé sur le plan purement sportif. Maintenant, on est dans un État qui a des priorités. Nous avions un budget qui ne nous a pas permis que d’amener dignement et de manière efficace douze disciplines », mentionne Pierre Edmond Banga.
Parlant des médailles, les équipes camerounaises peuvent-elles faire mieux ? « Les équipes que nous allons amener sont des équipes susceptibles de nous rapporter des médailles, les autres ne déméritant pas. Mais, je vous dis que sur le plan purement sportif, il y en a qui n’ont pas pu se qualifier. Il faut aussi dire que sur le plan financier, nous étions appelés à faire des arbitrages qui n’ont pas permis à certaines équipes de se retrouver parmi les qualifiés », clarifiait Pierre Edmond Banga, le chef de missions des Jeux africains, par ailleurs sous-directeur des relations sportives et évènements sportifs de haut niveau au ministre des Sport et de l’Education physique (Minsep).
Lors de la précédente édition, parlant de l’absence de l’haltérophilie et de la lutte, Blaise Mayam Re-Niof du Comité national olympique et sportif du Cameroun, confiait qu’en réalité, les Jeux africains concernent tous les pays. Mais que, seul le pays organisateur est capable de décider de l’état de l’organisation technique d’une discipline et des infrastructures nécessaires à sa pratique. Ce qui se justifiait par le fait que, la Confédération africaine d’haltérophilie (Cah) n’ayant pas de fédération au Mozambique, avait pensé qu’il n’y avait pas de gens qui pouvait gérer de façon technique ce sport. Situation identique cette année-là en lutte.

Préparation
Sur le strict plan sportif, dans l’état-major de certaines disciplines, les responsables techniques rassuraient quant à la bonne préparation de cette compétition. Chaque fédération s’est occupée de la préparation de ses athlètes quelques semaines avant l’expédition brazzavilloise. L’équipe féminine de basket-ball dames, par exemple, a effectué deux phases de stage internes dont un mois au Cameroun, même chose du côté de l’Italie.
Sur le plan de la préparation terminale, « nous avons axé notre travail sur deux approches : il y avait d’abord un premier stage externe qui était conduit par les fédérations et qui a duré trois mois et nous avions aussi un stage terminal bloqué, qui était financé par l’État du Cameroun et qui a duré deux semaines. Voilà un peu comment cela a été mis sur pied », ajoute-t-il. Mais, il faut dire que « nous avons pu avoir la réaction des encadreurs et même des athlètes, ce qui nous a donné un motif de satisfaction, c’est-à-dire penser légitimement que nous irons là-bas défendre véritablement ce que nous avons conquis à Maputo », ambitionne le chef de mission.
Les responsables techniques des équipes camerounaises ont-ils su exploiter ce temps pour revoir ce qui n’a pas bien marché en 2011, notamment en handisport, une discipline réservée aux déficients moteurs et visuels. Car, à Maputo, le Cameroun n’avait remporté aucune médaille dans cette discipline. Mohamed Garba (malvoyant), engagé aux 400 m plat et Jean Solange Ava (déficient moteur) engagé aux 1500 m sur fauteuil roulant, avaient été écartés lors des séries. Ils étaient pourtant considérés comme faisant partie des principales chances de médailles camerounaises en handisport. Rappelons qu’aux 400 m, Mohamed Garba avait été disqualifié pour confusion de couloir, tandis que Jean Solange Ava perdait aux 1500m. Côté primes, chaque médaillé d’or aura 2 millions de Fcfa pour 1,5 millions Fcfa pour chaque médaille d’argent et 1 million Fcfa pour le Bronze. Montant auquel 16,5 pourcent.
Cette année, la Cameroon Olympic Team veut figurer parmi les cinq meilleures nations au classement général. Il est donc question de faire mieux pour le pays qui a remporté 31 médailles dont : 8 en or, 4 en argent et 19 en bronze aux jeux disputés du 3 au 18 septembre 2011. Jeux auxquels 41 pays ont pris part.
Parmi les espoirs de médaille du Cameroun, figurent : la lutteuse Laure Ali Anabel, la sélection féminine de football qui détient la médaille d’or, la boxe, le volley-ball messieurs, l’haltérophilie… En 2007 en Algérie, le Cameroun avait remporté 30 médailles, dont 4 en or, et s’était classé 7ème.