CAMEROUN :: JE MANGE BIO : ET VOUS?

[POINT DE VUE] Ça fait tendance. Ça fait B-C-B-G (bon chic, bon genre). Beaucoup de Camerounaises et de Camerounais, ne rechignent point à vibrer à ce diapason. Bien au contraire, ils adorent ça. Tout neuf, tout beau ? Apparaitre…« connectés » (ées), fait partie du « fonctionnement » ordinaire, normal, de plein de compatriotes. Des compatriotes fascinés, obnubilés, emballés, embarqués, par tout ce qui cousine, ou semble cousiner, avec nouveauté. Nouveauté, vogue, mode. Vous avez dit snobisme, ou ce qui y ressemble ? Appelez cette espèce de fascination, comme vous voulez.

Quand vous voulez. Où vous voulez. Dans un Etat de droit comme le très cher et beau pays de toutes les Camerounaises et de tous les Camerounais, hommes et femmes se comportent à leur guise. Question tendance et vogue, ils adoptent celles qui leur plaisent. Celles qu’ils (res) sentent… Ils savent aussi…jouer. Superbement, admirablement, jouer à « ceux-qui-sont-dans-le-coup ». Ça fait bien, ça fait classe. L’une des dernières « trouvailles » taquinant, tutoyant le « buzz » ?

Celle qui le commande. Commande que l’on se coule dans ce moule de l’air du : « se mourir autrement ». « Manger autrement ». Ou du moins le clamer, le proclamer et le déclamer, sur les toits : afin que nul(le) ou presque, n’en ignore. Et de claironner par conséquent à temps et surtout à contretemps : « je mange bio ! ». En se posant, et en posant, comme si on avait réussi le coup de génie de la décennie. Quelle misère !

Dans beaucoup de nos villages, dans des contrées du Cameroun réel et profond, des gens du cru ne font que ça : régime « légumes ». Des « légumes », des « feuilles- de ci ou ça », ils en soupent. Ils en trinquent. Parfois, ils en consomment, ils en ingurgitent, ils en « subissent » au possible. Pas forcément parce qu’ils le souhaitent : souvent, parce qu’ils n’ont pas d’autre choix. Alors, « manger bio », ça ne les amuse guère. Ce n’est nullement un … » exploit ».

Aussi, quand vous vous rendez au village, qu’attendent également « les frères » ? « Un peu de sel » (viande de bœuf, poisson, riz, boites de conserves, pâtes, etc ». Sans oublier « un –peu-de-fort », pour changer du « matango », du « bil-bil », du vin de raphia, etc…

Manger bio, une fin en soi ?