Cameroun : Jamais sans ma tontine

Issues de diverses couches sociales, elles s’y retrouvent pour améliorer leur ordinaire et se porter mutuellement secours

 

S’il y a bien une chose qui ne manque pas à nos mères, épouses et filles, c’est l’ingéniosité. Cette capacité à se transcender et faire le maximum pour améliorer son ordinaire. Et une fois de plus, elles ont trouvé le moyen de se rencontrer, à période précise, pour parler non seulement de leurs conditions, mais également échanger sur tous les aspects de la vie.
Alexia Essono, la quarantaine, ne manque jamais l’occasion de raconter son expérience. « Ma sœur me parlait toujours de ses réunions, mais j’hésitais à m’y inscrire. Il y a cinq ans, j’ai sauté le pas et je ne le regrette pas », dit-elle avec une certaine fierté. « Au cours de ces rencontres, nous parlons de tout : les problèmes de couple, les enfants, la belle-famille, la vie avec nos conjoints, la tenue du foyer, la cuisine, les conseils en tous genres pour améliorer notre vie de tous les jours ».
Quid de l’argent ? « Il est certes important, mais ce n’est pas lui qui retient le plus notre attention. Je mentirais si je disais qu’il est secondaire, surtout qu’entre-temps, mon époux s’est retrouvé au chômage et sans cette tontine, je ne sais pas ce que serait devenu mon foyer et comment j’aurais pu élever nos enfants ». Elles se font également un devoir de prêter main forte à chacune des membres en cas de deuil, d’accident, de naissance ou de maladie. Elles se retrouvent à intervalle régulier chez l’une des membres et échangent, dans le réconfort et la fraternité. C’est dire si pour nombre de femmes aujourd’hui, les tontines sont devenues incontournables.