CAMEROUN :: INTIMIDATION : LES DESSOUS D’UN RAID DE LA GENDARMERIE CHEZ UN JOURNALISTE

Les dessous du raid chez Raphaël Mvogo

Pour des raisons encore inconnues, une équipe de gendarmes lourdement armés a fait irruption au domicile du journaliste. Une enquête est ouverte par les services compétents.

«Pas croyable ! Ils ont voulu te prendre par lâcheté », n’arrêtait pas de fulminer un responsable de la justice en recevant Raphaël Mvogo. C’est que, mardi 15 avril 2019, une équipe de gendarmes armes au poing et se présentant comme des éléments en service au poste de gendarmerie de Bastos, à Yaoundé, a fait irruption au domicile de l’ex-directeur de l’information et grand reporter de l’agence de presse Chine nouvelle. Cette descente musclée, révèlera plus tard le chef de cette unité au journaliste au téléphone après que ses éléments l’ont manqué, visait à exécuter un mandat d’amener signé par le procureur de la République dans le cadre d’une plainte attribuée à son ex-employeur. Sauf qu’il a fallu attendre cette expédition de la gendarmerie à son domicile pour que le journaliste découvre l’existence de cette procédure.

« Les commanditaires du raid des éléments du poste de gendarmerie de Bastos sur mon domicile manifestent très clairement des intentions malveillantes à mon égard. Ils ont fait du chef de bureau de Chine nouvelle leur vache à lait. Sans vergogne, ils l’ont poussé à se mettre en indélicatesse avec les lois de la République par une série d’actes répréhensibles graves”, laisse entendre le journaliste. Qui poursuit : « Ils sont allés jusqu’à vouloir faire légitimer le faux par les services de l’État. Comme la supercherie a fini par être mise à nu, ils recourent à de basses manoeuvres encore plus ignobles. Ma discrétion et ma modestie les ont trompés “, poursuit-il.

La thèse d’une machination contre le journaliste est étayée par le fait que depuis plusieurs mois, Raphaël Mvogo poursuit devant la justice le chef de bureau de Chine nouvelle au Cameroun, Qiao Benxiao, pour de nombreuses libertés prises par ce dernier avec les lois nationales en matière de travail. Les autorités de la République en sont également saisies et le principal responsable de Chine nouvelle au Cameroun a d’ailleurs été convoqué à ce sujet, indépendamment de l’enquête ouverte par les services compétents de l’Etat pour faire la lumière sur cette scabreuse affaire. Le portail de la diaspora camerounaise de Belgique. Raphaël Mvogo, qui a pendant longtemps officié à Cameroon tribune avant son recrutement à Chine nouvelle, peut se targuer d’avoir sorti l’agence de presse officielle de l’ornière au Cameroun. Pourtant présente dans notre pays depuis la fin des années 1970, c’est à peine si on était au courant de son existence. Le journaliste qui réussira à force de travail à imposer Chine nouvelle deviendra un familier de beaucoup de présidences dans le continent, voire au-delà. Il devient ainsi proche des présidents Macky Sall (Sénégal), Alpha Condé (Guinée-Conakry), Mahamadou Issoufou (Niger), Ali Bongo Ondimba (Gabon), Faustin Archange Touadera (RCA), du directeur exécutif de l’Onusida, Michel Sidibé, de l’actuelle secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo ou encore de la secrétaire générale de la FIFA, Fatma Samoura.

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Celui que le chef d’Etat congolais Denis Sassou Nguesso a surnommé “le Chinois noir” a également interviewé de nombreux autres dirigeants du continent. Dans le palmarès figurent Paul Kagame (Rwanda), Olusegun Obasanjo (Nigeria), Jakaya Kikwete (Tanzanie), Moncef Marzouki (Tunisie), Roch Marc Christian Kabore (Burkina Faso), Salva Kiir (Sud- Soudan), Thomas Yayi Boni (Bénin), Ibrahim Boubacar Keita et son prédécesseur Dioncounda Traoré (Mali), Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), Idriss Deby Itno (Tchad), Catherine Samba-Panza (RCA), Hery Rajoamampianina (Madagascar), Ikililou Doinine (Comores). En plus d’Antonio Guterres (ONU) et de Christine Lagarde (FMI), l’on peut aussi mentionner les industriels Aliko Dangote (groupe Dangote, Nigeria) et Issab Rebrab (groupe Cevital, Algérie). Raphaël Mvogo est surtout à l’origine du rapprochement entre la Chine et le Burkina Faso, au travers d’une interview exclusive du président burkinabè Roch Marc Christian Kabore en 2016, alors que le pays de celui-ci est encore lié par des relations diplomatiques avec Taïwan.