Cameroun – Institutions: La Chambre des Comptes confrontée à des difficultés financières

Dans son dernier rapport, le juge des Comptes du Cameroun déplore la réduction de près de la moitié, de son budget de fonctionnement en quatre ans.

Comment remplir ses missions quand les moyens financiers font défaut ? C’est la question que semble poser laChambre des Comptes (CDC) de la Cour Suprême. Dans son rapport 2014 publié le 18 juillet 2016, le juge des comptes du Cameroun déplore l’austérité budgétaire à laquelle elle est confrontée ces dernières années. Entre 2010 et 2014, son budget de fonctionnement a été réduit de moitié.

L’information intéresse l’hebdomadaire Intégration du 13 septembre 2016 qui a publié quelques extraits dudit rapport. «Il est à noter qu’en cinq ans, la dotation budget de fonctionnement de la chambre a diminué presque de moitié (49,49%) passant de 1 038 673 000 de FCFA en 2010 à 514 000 000 de FCFA en 2014,», renseigne la CDC.

Une situation préjudiciable au fonctionnement de cette institution qui a pour mission de contrôler le fonctionnement et la gestion des comptes publics. «Cette tendance à la baisse des moyens de la juridiction financière ajoute la CDC, est préjudiciable à son fonctionnement harmonieux, ce qui la contraint chaque année à recourir à des appuis budgétaires ponctuels du ministère des Finances pour réaliser certains de ses activités essentielles. Bien que fortement appréciés par la Chambre des comptes, ces appuis budgétaires ne sauraient être une solution pérenne. A cet égard, la juridiction financière continue à plaider pour une augmentation de ses moyens pour lui permettre d’accomplir efficacement les missions qui lui sont dévolues.»

Dans le même rapport, la CDC dit avoir entamé des démarche pour la construction d’un siège, mais en vain. «Les démarches entreprises auprès des administrations pour l’attribution d’un terrain au centre administratif pour la construction de son immeuble siège n’ont pas abouti…la Chambre des comptes a continué de mener ses activités dans les mêmes locaux exigus au regard des effectifs actuel».

Une situation similaire à celle que vit la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC), à la recherche d’une parcelle de terrain depuis cinq ans pour son immeuble siège. L’organisme en charge de la lutte contre la corruption qui connait également des difficultés financières. «A ce jour, souffle une source interne à la structure, les besoins annuels de la CONAC se situeraient au-delà de 6 milliards de francs CFA. Soit trois fois la dotation annuelle attribuée à la CONAC jusqu’ici », révèle Intégration.