Cameroun – Insécurité: Les comités de vigilance n’obéissent plus aux militaires au front

Les membres des comités de vigilance qui s’activent au sein de leur localité dans la lutte contre le terrorisme rendent de moins en moins compte aux militaires qui ont été leurs maîtres.

En ce moment la relation entre les comités de vigilance et les militaires engagés au front n’est pas au beau fixe, selon le quotidien Le Jour du 22 août 2016. Il faut dire qu’avant, ces militaires étaient en quelque sorte les maîtres des membres des comités de vigilance. Aujourd’hui il se trouve que ceux-ci ne reçoivent plus des rapports de ceux-là qui étaient sous leurs ordres il y a peu. Un militaire rencontré par Le Jour déclare que «les comités de vigilance ont totalement échappé à notre contrôle. Ils sont encadrés par les Sous-préfets qui leur assignent des missions comme l’escorte des réfugiés ou même d’assurer la police dans les villages».

En fait, il faut rappeler que les succès des opérations militaires «Arrow» et «Blue pipe» en territoire nigérian ont conduit à la redistribution des rôles. Le journal dit que les militaires s’attendaient à ce qu’ils soient supplée par les forces de première et de deuxième catégorie dans le maintien de l’ordre public. C’est-à-dire la police et la gendarmerie. Cette responsabilité a plutôt été attribuée aux comités de vigilance par les autorités administratives. «Nous voulons des armes de fusils d’assaut avec nos arcs flèches et nos fusils de fabrication artisanale à un coup», ont réclamé ces membres de comités de vigilance qu’on trouve enhardis.

Le constat que font les militaires est que ces comités de vigilance qu’ils mettent en cause aujourd’hui se sont mués en force d’auto défense. Ils mènent leurs propres opérations et gardent souvent pour eux les informations qu’ils donnaient volontiers aux militaires. «Ils sont sortis de leur mission de veille qui est de regarder, d’entendre et de rapporter les informations recueillies aux forces compétentes», regrette un administrateur.