Cameroun – Grippe aviaire: Un «marché noir» du poulet voit le jour à Yaoundé

Des commerçants ont trouvé l’astuce pour contourner la mesure gouvernementale interdisant la vente du poulet dans le Département du Mfoundi.

La découverte à Yaoundé, de plusieurs foyers du virus H5N1, porteur de la grippe aviaire, a amené les pouvoirs publics, notamment le Ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales(MINEPIA), à interdire la vente du poulet et des œufs dans tout le Département du Mfoundi. Une mesure qui constitue un véritable drame pour les aviculteurs, obligés d’abattre leurs volailles pour certains, et incapables d’écouler leurs œufs pour d’autres.

Cette situation a conduit quelques-uns à créer un «marché noir» du poulet. Des vendeurs ambulants sillonnent des quartiers de la capitale en faisant du porte-à-porte pour écouler leurs marchandises.Intégration en kiosque le lundi 20 juin 2016, a suivi certains d’entre eux dans cette activité, qui leur réussit plutôt bien.

Ainsi, le 15 juin, un jeune homme se trouvait dans un domicile d’un particulier au quartier Nkoabang. Ses expressions pour séduire ses clients: «Cocoricoooo ! Je ne suis pas malade!», «Cocorico non aviaire ! 1000francs». «1000 francs seulement, ce sont des oiseaux de 2 kilos et demi. Ce sont les produits que j’ai suivis moi-même»,  «À la cuisson, leur chair est rose. C’est ce qui indique qu’ils ne sont pas malades».

Le journal raconte: «il jette sans arrêt des coups d’œil furtifs sur sa droite, à l’affût d’un débarquement policier. En pleine discussion avec le maître des lieux, il lui fait signe de partir, vite. Un véhicule bleu blanc se pointe dans la rue en contrebas. Fausse alerte, le véhicule ne fait que passer au loin. Les poulets qu’il avait commencé à ramasser sont redisposés. Quelques minutes plus tard, la voiture repasse, un peu plus près cette fois. En quelques secondes, grâce à un ingénieux système de ficelles, le jeune commerçant emballe ses volailles et disparaît».

Pour un ancien vendeur du poulet au marché Mvog-Ada, les aviculteurs sont obligés de procéder ainsi pour amortir le coup des pertes. Une autre vendeuse au quartier Emombo se demande : «Que pouvons?nous faire d’autre quand les volailles sont traquées par les autorités? C’est contre moi-même que je brade mes oiseaux». Cette dernière a dû abattre son cheptel qui était constitué de 3 000 poulets de 90 jours.

Le marcher semble prospérer pour le moment. «À Nkongoa (sur la route de Mfou), une source de la délégation départementale du MINEPIA pour la Mefou?et?Afamba regrette que, le 11 juin 2016, près d’une tonne de poulets sur pied a pu être écoulée. Des témoignages sur le sujet font état de la mise à prix fixé à 800 FCFA l’unité. D’autres insistent sur des recrutements de vendeurs ambulants parmi les jeunes de la bourgade. Ceux?ci seraient rémunérés à hauteur de 300 FCFA par tête vendue», indique le journal.