Cameroun – Gouvernance: Le pouvoir affaiblit-il la lutte contre la corruption ?

D’après Le Quotidien de l’Économie du mercredi 20 juillet 2016, le budget de fonctionnement de la Chambre des Comptes s’élevait à plus d’un milliard de FCFA en 2010. Il est passé à 514 millions de FCFA en 2014, soit une diminution de moitié.

«Cette tendance à la baisse des moyens de la juridiction financière est préjudiciable à son fonctionnement harmonieux». Pire encore, «en ce qui concerne l’état de fonctionnement des véhicules de fonction des magistrats, il convient de signaler que seul celui affecté au Président de la Chambre des Comptes a été acquis en 2013 et est en bon état», indique le rapport de la haute juridiction publique dévoilé lundi 18 juillet 2016 à Yaoundé.

Si l’on en croit Le Quotidien de l’Économie de l’Économie, ledit rapport ressort un chapelet de revendications qui n’honore ni la Chambre des Comptes, ni l’État. Une liste qui s’allonge avec les problèmes de matériel et de mobilier de bureau et celui des locaux au quartier hippodrome, «déclarés exigües». Pour le journal, la précarité de la situation financière de la chambre des comptes l’affaiblit. Ladite chambre a notamment affirmé qu’elle fonctionne grâce à des «appuis budgétaires ponctuels du Ministère des Finances».

Tout comme la Chambre des Comptes, la Commission Nationale de Lutte Anti Corruption (CONAC) fonctionne également grâce aux subventions de l’État. «Nous attendons, mais la subvention ne vient pas», confie un employé de la CONAC. Plus grave, «il est arrivé que les 2,5 milliards de FCFA de budget annuel soient épuisés et que les activités de la CONAC soient mises en veilleuse avant la fin de l’année», indique le journal. «Les missions de terrain s’arrêtent, seuls les salaires sont payés, bref la CONAC vivote pendant un bon temps», poursuit la source au sein de l’institution. Pour le journal, la CONAC a subi des pressions qui ont entamé sa crédibilité.

Depuis le 19 décembre 2011, la Communauté Economique des États de l’Afrique Centrale (CEMAC) a adopté une directive qui dispose en son article 72 alinéa 1 que «le contrôle juridictionnel des opérations budgétaires et comptables des administrations publiques est assuré par la Cour des comptes qui doit être créée dans chaque État membre». Pour le journal, le Cameroun refuse de s’arrimer à cette directive depuis 2013.