Cameroun: Gagner de l’argent en investissant dans l’agriculture

Le Gicam lève un pan de voile sur la rentabilité des investissements déployés dans la production et transformation du maïs, du manioc et l’élevage des bovins.

Visitant le Gicam le 16 décembre 2012 à Douala, le ministre de l’Agriculture et du développement rural, Essimi Menye, avait promis de mettre les bouchées doubles afin que le secteur privé puisse dans un futur proche, se déployer dans le pays trois projets pilotes pour la culture du maïs, du manioc et l’élevage des bovins. C’était au terme d’un exposé de l’économiste principal du Gicam, Vincent Kouete, sur la contribution du patronat à l’avènement d’une agriculture de seconde génération au Cameroun.  Trois années après, l’on constate, même si les choses n’ont pas assez avancé que le Minader est en train de tenir sa promesse. Car, aux dernières nouvelles, le Gicam s’est doté d’un agroéconomiste, tout comme il a déjà identifié trois parcelles dans la région du Sud pour l’implémentation de ces projets pilotes.
Alors que le Minader invitait les patrons  à investir massivement dans l’agriculture de 2nde génération, le président du Gicam,  André Fotso,  rassurait son hôte que le patronat est prêt à investir dans ces projets pilotes. « M. le ministre, nous attendons vivement que vous fassiez  le choix des bassins de production, dégageant à l’occasion l’accès aux plantations ou fermes qui seront créées par le secteur privé », avait-il déclaré.

Des propos suivis de la démonstration des avantages que peuvent tirer les acteurs économiques et l’Etat en investissant dans l’agriculture. Ainsi, sur la base d’un business plan, l’économiste principal du Gicam indiquait que pour une plantation de maïs d’une superficie de 100 hectares, un acteur économique a juste besoin des investissements requis de 25 000 000 FCFA (hors achat de terrain), un fonds de roulement de 65 000 000 FCFA, d’un personnel de 08 personnes, pour obtenir des résultats bruts annuels de 08 millions de FCFA, pour un rendement de 6 tonnes à l’hectare (60 qa/ha). Tout comme il est possible d’obtenir des résultats bruts annuels de plus de 50 millions de FCFA, pour un rendement de 12 tonnes à l’hectare (120qa/ha). S’appuyant sur le business plan pour une unité de transformation de manioc en amidon, Vincent Kouete renseignait aussi  que pour une capacité de 100 000 tonnes de manioc par an adossée à une plantation de 100 hectares, l’acteur économique a juste besoin d’investir 365 millions de FCFA, d’une équipe de 36 personnes, pour obtenir des résultats bruts de 150 millions de FCFA (taux de conversion : 04 kg de manioc pour 1kg d’amidon, prix d’achat : 25 000 frs/tonnes de manioc).
Cette démonstration a été faite le 13 décembre 2012 à Douala, pendant la 114e  assemblée générale du Gicam. Une occasion pendant laquelle, le secteur privé et le secteur public ont tous convenu de l’urgence de moderniser l’agriculture. Pour le président du Gicam, André Fotso, le développement de l’agriculture nécessite l’implication effective et active de tous les acteurs. « Une autre approche est nécessaire. Le projet proposé est une démarche complémentaire aux initiatives déjà envisagées. Et nous sommes convaincus de son opportunité », avait-il déclaré.