Cameroun – France: Qui est Lydienne Yen Eyoum ?

Combattante dans l’âme, l’avocate franco-camerounaise a toujours clamé son innocence et entretenu l’espoir d’une libération.

C’est grâce à la diplomatie active française, dernier espoir pour l’avocate franco-camerounaise, à bout de recours judiciaires, qu’elle recouvre la liberté. Jusqu’à une date récente, la mobilisation de ses avocats et de son comité de soutien avaient réussi à attirer l’attention sur le sort de l’avocate incarcérée. À la tête de ce comité, l’ancien détenu et français d’origine camerounaise, Michel Thierry Atangana qui avait personnellement plaidé la cause de Lydienne Yen Eyoum auprès de François Hollande peu après sa libération, début 2014, après plus de 18 ans de détention. Décidément, les sorts judiciaires de ces deux franco-camerounais se rejoignent. Alors que Me Wasserman n’a jamais désarmé, conscient que Me Eyoum n’avait plus aucun recours judiciaire, le conseil des droits de l’homme de l’ONU s’empressait de sortir son rapport accusant le Cameroun de détention arbitraire dans cette affaire. Mais le ministre camerounais de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, assurait que

« les droits de madame Eyoum ont été respectés. Tous ses avocats ont eu à faire valoir leurs arguments tout au long de son procès ». Pour lui, le conseil des droits de l’Homme de l’ONU n’est qu’un « organe consultatif ». Ce dernier fait un «procès d’intention au gouvernement camerounais » qui « n’est ni de près, ni de loin impliqué dans ce procès». C’est Michel Thierry Atangana, président du comité de soutien à Lydienne Yen Eyoum qui rétorquait pour appeler cette dernière à ne « jamais lâcher, ne jamais perdre confiance, rester sereine, tenir». Il assurait que lui et son comité allaient «créer des évènements, des situations pour ne pas laisser Lydienne dans une situation d’oubli » pour la «sortir de cette situation». C’est chose faite aujourd’hui. Pari tenu, Yen Eyoum est libre. Née en 1959, Lydienne Yen Eyoum est une avocate française d’origine camerounaise. Avocate au barreau de Douala, Maître Yen Eyoum était avocate de l’Etat camerounais au moment de son arrestation, le 8 janvier 2010, dans le cadre de l’opération anticorruption Epervier. Son affaire n’aurait pas franchi la frontière camerounaise si Lydienne Yen Eyoum n’avait été mariée, depuis août 2006, à un Français, Michel Loyse, ex-directeur d’une banque française au Cameroun. Elle a obtenu la nationalité française en septembre 2010, en détention. Nièce de Edouard Koula, ancien ministre des Finances sous le régime d’Ahmadou Ahidjo, elle est la mère d’un enfant de 20ans qui vit en France, né d’une précédente union.