Cameroun – Franc CFA: au delà de la dénonciation que faire dans le court terme ?

Hier, nous explorions les offres alternatives au franc CFA, faites par nos compatriotes.

Mais sous réserve de leur caractère audacieux, ces propositions dont la plus scientifiquement élaborée est la monnaie binaire, présente hélas de non négligeables insuffisances.
Il faut déjà savoir que toute monnaie créée doit être soutenue par une convention monétaire qui la rattache à une monnaie internationale et permet les transferts internationaux, sinon elle est une monnaie de singe qui ne sert pas à grand-chose et nuit à l’économie. L’opportunité qui nous est offerte aujourd’hui par le débat sur le franc CFA, doit principalement permettre de mettre un terme à la convention monétaire actuelle qui nous lie à la France et grâce à laquelle ce paystire d’extraordinaires avantages à notre détriment, pour en signer une nouvelle, dont les clauses feraient l’objet d’un débat national et auraient l’assentiment de nos populations.
Le FCFA, il faut le dire sans ambages, doit disparaître pour faire place à une nouvelle monnaie qui cette fois-ci

sera notre, de par l’origine de son nom, sa fabrication, et son contrôle. Une chose est sûre, la réalité politique et géostratégique nous impose de composer avec la France et l’Europe, ne soyons pas naïfs… Regardons par exemple, l’Allemagne a envahi la France par le passé et l’a dominée (d’ailleurs le Franc français est d’origine allemande et vient de Frank), mais aujourd’hui il existe un nouveau partenariat entre ces deux pays qui font route ensemble, conscients que leurs destins sont liés… Donc aujourd’hui, il est question de vomir tous les engagements qui nous pénalisent et freinent notre émancipation économique.

Avoir notre monnaie consiste concrètement à faire quoi ?
– Fabriquer à partir du sol africain une monnaie qui pourrait s’appeler AFRO ;
– Garder les français dans les banques centrales à conditions que leurs voix soient minoritaires et qu’ils ne puissent plus à eux tout seul, bloquer certaines décisions qui pourraient y être prises ;
– Signer une clause de convertibilité directe de notre monnaie en euro, garantie cette fois-ci par la banque centrale européenne avec un taux de garantie de convertibilité ne dépassant pas les 15-20% (quitte à ce que ce soit la BCE qui autorise le trésor français à assurer un rôle là dedans).
Mais ne perdons pas de vue notre question centrale sur le sujet,  qui est celle de savoir si le Cameroun à travers ses dirigeants fera ce qu’il faut pour sortir du FCFA ? Sans hésitation et avec beaucoup de regrets nous peinons à répondre par l’affirmative !!! En voici les raisons :
– Lorsque les dirigeants français réputés proactifs en parlent, c’est qu’ils ont déjà mûri une réflexion dessus et ils savent déjà où ils veulent aller avec nous…
Ce moment qui a été choisi pour ouvrir les discussions n’est pas anodin ; nous sommes à la veille des élections présidentielles avec dans nos pays des dirigeants qui sont prêts à tout pour rester au pouvoir…. C’est là notre plus grand point faible…. Ces présidents qui savent qu’ils ont besoin de l’onction du gouvernement français pour être réélus ne peuvent pas en ce moment précis fâcher leur maître…Michel Sapin en renvoyant la balle dans notre camp sait que ceux qui doivent décider et qui seront à la table des négociations pour le faire iront sans leurs couilles, le cerveau dans leur porte monnaie personnel et l’esprit sur leur fauteuil (posture sociale) !!! ainsi, Déby sera réélu au Tchad, Biya au Cameroun, etc. et le FCFA lui aussi sera maintenu avec une légère retouche du compte des opérations qui verra ses taux ramenés entre 30 et 35% comme le suggérait le Pr Désiré Avom dans le Cameroon Tribune du 07 octobre 2015, en plus de deux ou trois autres décisions pour habiller le subterfuge et ce sera tout. Seule une nouvelle classe politique et une population décidée à se libérer nous affranchira un jour le FCFA .