CAMEROUN :: FORCING : LES ENFANTS ILLÉGITIMES S’OBSTINENT À SUCCÉDER À LEUR PÈRE

N’ayant pas été reconnus du vivant de leur défunt père, deux enfants issus d’une fratrie de cinq persistent à hériter de ses biens avec le soutien de leur avocat. Le tribunal s’oppose à leur démarche.

Hermine et Armand ne savent plus à quel saint se vouer. Depuis le décès de leur papa, ils ont du mal à introduire leurs noms dans son jugement d’hérédité. L’obstacle en effet, c’est le Tribunal de premier degré (TPD) de Yaoundé, qui semble ne pas être convaincu de la réalité de leurs liens de filiation avec le défunt. Soutenus dans leur démarche par la famille toute entière, c’est devant le tribunal que les deux enfants réalisent que la loi est au-dessus de la tradition. Le lundi 15 juillet 2019, Hermine et son frère ainé Armand se sont une fois de plus présentés devant le juge. Ils sont déterminés à faire partie des héritiers de Fidèle, leur défunt père.

Ils se sont fait accompagner par l’une de leur tante paternelle, qui est venue dire au tribunal qu’ils sont en réalité les enfants du défunt. Mais, ce témoignage n’a pas ému le tribunal, qui est resté sur sa position, celle de ne pas les introduire dans la succession de Fidèle pour n’avoir pas été reconnus par ce dernier. En effet, le juge qui connait de cette affaire avait, lors de la dernière audience, demandé aux deux enfants de prouver leurs liens de parenté avec Fidèle. Depuis lors, l’affaire piétine. L’affaire qui a été appelée pour la seconde fois devant le tribunal est en rapport avec l’ouverture de la succession de Fidèle. Le site des camerounais de Belgique. Ce dernier est décédé en 2009, laissant derrière lui une veuve et cinq enfants. Militaire de profession, il a accumulé des biens qui sont aujourd’hui au centre de ce litige. C’est chacun qui revendique sa part.

Clémence du tribunal

En effet, Fidèle et Suzanne ont eu cinq enfants. Hermine et Armand sont nés avant leur mariage civil. Par négligence ou alors par ignorance, Fidèle n’a pas reconnu ses deux enfants avant son départ pour l’au-delà. Après son décès, la famille s’est réunie, et un procès-verbal de conseil de famille a été rédigé. Au cours de cette assise, il a été décidé à l’unanimité des membres que tous les enfants du défunt sont cohéritiers de leur père. Le droit d’usufruit a été reconnu à Suzanne et l’administration lui a également été confiée.

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Une fois devant le tribunal, il s’est posé un problème réel. En parcourant son dossier de procédure, le juge s’est rendu compte que le nom de Fidèle n’apparaît pas dans les deux actes de naissance des deux premiers enfants comme père. Hermine et Armand sont en réalité de père inconnu. Appelé à se justifier, tous les autres enfants ainsi que les tantes et oncles paternelles, ont déclaré que Hermine et Armand sont les enfants de Fidèle, sans produire de preuves concrètes. L’info claire et nette. « Ces deux enfants sont nés sous nos yeux. Ils ont toujours vécu avec leurs parents et leurs frères cadets. Ce sont les enfants de notre frère, il n’y a pas de doute là dessus », a déclaré l’un des témoins.

Embarrassé par cette procédure, le tribunal avait alors, lors de la dernière audience donné une chance aux enfants non reconnus de régulariser leur situation. Leur géniteur étant décédé, Hermine et Armand sont incapables de prouver leur filiation avec ce dernier. « Estce de leur faute madame la présidente si leur père ne les a pas reconnus de son vivant ? Sont-ils responsables des erreurs commises par leurs parents ? Camer.be les témoins proches du défunt ont été entendus, et les traits de ressemblance sont visibles. Nous sollicitons la clémence et l’indulgence du tribunal dans cette affaire », a soutenu l’avocate de la famille. Pour clore le débat, le juge a précisé que nul n’est au- dessus de la loi. L’affaire a été mise en délibéré pour le 19 août 2019.