Cameroun – Football: Achille Emana décrie la mafia au sein des Lions

Dans une interview accordée au journal français La Dépêche, l’ancien international camerounais dévoile des pratiques peu orthodoxes dans  l’équipe nationale.

Achille Emana n’est pas allé du dos de la cuillère pour décrier les mauvaises pratiques qui ont cours au sein des Lions. Trois ans après avoir quitté la sélection nationale, l’ancien meneur de jeu, dans un entretien exclusif accordé au journal « ladepeche.fr », en rapport avec son nouveau contrat avec le Nastic de Tarragone (2e division espagnole), est revenu sur son long séjour (42 sélections) dans la tanière.
A la question de savoir s’il aurait déjà tiré un trait sur l’équipe nationale du Cameroun, l’ex-pensionnaire du Bétis Séville n’exclut pas totalement cette éventualité : « Aujourd’hui, je ne dis pas non à la sélection, affirme-t-il. Si on me le propose je réfléchirai, même si je suis fatigué par toutes ces polémiques qui agitent l’équipe nationale ».
La réintégration de la sélection du Cameroun reste cependant une décision peu probable pour Achille Emana. Du moins, si l’on s’en tient

au jugement peu élogieux que le joueur de 33 ans fait de la vie dans la tanière. Sans détour, l’ancien Lion explique : « C’est une équipe, je ne vais pas dire corrompue, mais à sa tête, il y a des gens intéressés par le pouvoir, qui n’ont rien dans la tête. Ils croient que grâce au football, ils peuvent tout gouverner, tout posséder ».
L’intégration des Lions pour les jeunes joueurs est, à en croire Achille Emana, une affaire de parrainage. « Le Cameroun, c’est ça : tu t’entends bien avec telle personne qui détient le pouvoir, tu fais partie de la sélection ; tu es le meilleur ami de Roger Milla, tu es dedans ; tu es le cousin de Rigobert Song, tu es dedans… Moi, je n’ai jamais eu besoin de ces gens-là pour être appelé avec les Lions indomptables. Si j’ai intégré la sélection, c’est grâce à mon football, pas grâce à mes relations », regrette l’ancien joueur de Cruz Azul au Mexique.

Magouilles
Le milieu de terrain camerounais semble même, par moment, se réjouir du parcours chaotique des Lions lors du dernier mondial. « Je ne vais pas vous mentir, ça m’a fait plaisir qu’ils se soient fait éliminer dès le premier tour, lors du Mondial au Brésil », avoue-t-il. « Je suis un peu énervé. Car au final, c’est le peuple camerounais qui se trouve lésé. Avant, je ne pouvais pas parler. Mais aujourd’hui, j’ai pris du recul par rapport à la sélection. Alors maintenant, je m’en fous ! Qu’est-ce qu’ils vont me faire ? », lance l’ancien « gouverneur de Toulouse ».
Ce n’est pas la première fois que de telles révélations négatives sont faites sur l’équipe nationale du Cameroun. Non-retenu dans la liste des 23 joueurs de Volker Finke pour la Coupe du monde 2014, le défenseur rennais, Jean Armel Kana-Biyik, après avoir décidé de prendre sa retraite internationale et de ne plus répondre aux sollicitations du Cameroun, ne s’était pas montré tendre vis-à-vis de ses anciens dirigeants : « Je me rends compte qu’il y a plein de magouilles en équipe du Cameroun, et ça ne changera jamais. « Dans cette sélection, il y a des hypocrites, des lèche-culs. Tant qu’il y aura ces personnes qui font des choses dans le dos des autres, elle n’avancera pas, malheureusement », déplorait-il.