Cameroun – Filière coton: Des producteurs réclament 6 mois de paiement à la SODECOTON

L’entreprise sollicite un appui du gouvernement camerounais pour régler ses dettes.

Plusieurs paysans producteurs de coton des trois régions septentrionales sont actuellement en froid avec la Société de développement du coton (SODECOTON). Pour cause, ces derniers réclament à l’entreprise six mois depaiement. Selon Le Quotidien de l’Economie, dans sa parution n°0934 du 11 novembre 2015, cette situation est due à la conjoncture internationale, mais surtout à un problème de liquidité du fait de l’engorgement du port de Douala.

Selon BebnonePayounni, producteur de coton et vice-président de la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPCC), le coton fibre n’a pas été embarqué à temps. Par conséquent, la SODECOTON se retrouve avec des tonnes de coton fibre qui ne sont pas vendues et qui l’empêche d’avoir des liquidités pour payer les producteurs. Il s’exprimait ainsi au cours de l’atelier de formation sur «l’Approche Valuelinks pour le développement de la chaîne de valeur coton-textile-confection au Cameroun», ouvert à Douala le 10 novembre dernier.

Soutien de l’Etat

Face à cette période de turbulence que traverse le secteur de l’or banc, la SODECOTON, associée à certaines associations tendent la main à l’Etat, principal actionnaire de la SODECOTON avec 59% du capital social, afin que les paysans soient payés dans les délais. Selon Le Quotidien de l’Economie, qui relaie une information donnée par un participant à l’atelier de Douala, 30 milliards de F CFA auraient été débloqués par l’Etat. Une partie servira à désamorcer la grève des producteurs qui se profile à l’horizon, apprend-on.

En début d’année, la SODECOTON a annoncé qu’elle procéderait à l’achat de 266 400 tonnes de coton auprès des producteurs qu’elle encadre dans la partie septentrionale du pays dont elle est le principal fleuron agro-industriel. Elle s’engageait dans le même temps à payer les producteurs, au plus tard une semaine après la vente de leurs produits, contre des délais de paiement longs par le passé, pouvant aller jusqu’à trois mois.