Cameroun – Festival: Yaoundé rencontre l’art visuel

Jusqu’au 31 juillet prochain, la 5e édition de cet événement veut aller vers le maximum de public dans les rues de la capitale.

 
Il a parcouru une centaine de pays dans le monde et proposé une quarantaine de performances. Au Cameroun, Richard Martel, artiste canadien, vient en explorateur. C’est sa première fois ici, et il a hâte de scruter les réactions du public local lorsqu’il est face à une performance. L’expert examine les contours de cet art spécial depuis lundi au Musée La Blackitude, dans le cadre d’un atelier organisé à la faveur des Rencontres d’arts visuels de Yaoundé (RAVY). Trois jours pour que la performance n’ait plus de secret pour les artistes participants. « C’est un art éphémère qui se situe dans l’espace et le temps à l’aide de divers matériaux. Je suis intéressé à l’idée de comprendre les critères et les traits caractéristiques de sa pratique au Cameroun », a-t-il reconnu. La performance n’est pas la seule discipline visuelle concernée par des workshops aux RAVY. Le street art aussi a ses adeptes.

Ils sont sept, et se réunissent autour de l’artiste allemande Ursula Meyer, spécialiste de cette branche artistique.  En face de l’Institut Ndi Samba au quartier Mvog-Ada, un mur autrefois plat et insipide prend des couleurs. L’inspiration guide les coups de pinceaux des artistes, sous les regards interrogateurs de quelques badauds. Chacun met son style particulier au service du collectif. Ginette Daleu, artiste plasticienne, s’adonne à cet exercice public avec enthousiasme, comme tous les autres. Pour Ursula Meyer, « le street art dévoile la pensée intérieure et permet de dessiner un sourire sur les visages des passants ».  L’autre but recherché par cet art libre et non-commercial, est d’amener ces artistes à peindre sur des dimensions immenses, comme ce mur, de quoi élargir la proportion de leur expression artistique. Et ce mercredi, le public découvrira les résultats du projet.

Les ateliers figurent parmi les vastes articulations des RAVY 2016. Car cette biennale qui se tient sur le thème « Contemporalités », c’est aussi des expositions, des colloques et des échanges. 32 artistes locaux et internationaux présenteront leurs œuvres entre le 25 et le 31 juillet prochain en sculpture, peinture, vidéos d’art, photographie et performance. L’Institut Goethe, le Musée La Blackitude, OTHNI, le Street Corner et une exposition internationale à KIA Motors serviront de décors, sans oublier la déportation du festival dans les rues, notamment à l’Avenue Kennedy et à Mvog-Ada.