Cameroun – Femmes. Féminisation de la violence :66,7% de femmes battues en 2014 dans le Centre

La région du Littoral est, selon Onu femmes, deuxième au classement de l’étude réalisée au cours des douze derniers mois.

Le réseau des journalistes et communicateurs sur les violences basées sur le genre (Netcom Gender) a, pendant deux jours de travaux dans la capitale économique -les 13 et 14 novembre 2015- pris part à un atelier organisé par l’association Cameroon Youths and Students Forum for Peace (Camyosfop), en partenariat avec Onu femmes. Au cours des travaux, les représentants de cet organisme onusien ont présenté la situation de la violence basée sur le genre au cours des douze derniers mois au Cameroun. Il ressort selon l’étude que 66,7% de femmes ont été victimes de violences physiques dans la région du Centre Cameroun. Cette région, qui arrive en pole position, arrache donc la palme d’or des bastonnades infligées aux femmes durant cette période. La région du Littoral occupe quant à elle le second rang, avec un pourcentage de 58,7%. L’Ouest, avec 16,2%, est la région où les violences physiques ont été les moins exercées en 2014.

Par ailleurs, les sévices corporels ont été moins infligés à la gent féminine des régions de l’Extrême nord, du Nord et de l’Adamaoua. Les femmes vivant dans les régions du Centre et du Littoral ont également été plus victimes d’abus sexuels en 2014, selon la même étude. Ces régions enregistrent respectivement, un taux de violence sexuelle de 26,9% et de 17%. Des statistiques qui laissent les participants à l’atelier de deux jours sans voix. Surtout lorsqu’on sait que ces deux principales régions enregistrent non seulement les taux d’alphabétisation les plus élevés, mais aussi des travailleuses tant du formel que de l’informel. Pour les experts, la violence basée sur le genre trouve ses origines dans la culture. Pour eux, dans certaines traditions, la bastonnade est banalisée et parfois considérée comme un signe d’amour. Difficile à comprendre. Lorsqu’on sait que, dans les quatre régions au bas du classement, la polygamie est la forme de mariage la plus répandue et que le taux d’alphabétisation est moins élevé. On s’attendrait à ce que cette tendance soit renversée. Que non !

Réfugiées

Pour les hommes de médias, la situation est plus que désastreuse. Il est plus que jamais urgent de s’intéresser à cette question. «La femme est sujette à plusieurs difficultés liées au fait qu’elle est femme. Les violences sont aussi bien physiques que psychologiques », décrie Gaëlle Moudio, présidente de Netcom Gender. Pour elle, il est important que    « ce réseau de journalistes se serre les coudes et se donne les moyens pour trouver les partenaires, afin d’être capables de produire un travail qui corresponde à la réalité. L’Onu a mis cela comme une question essentielle », dit-elle. C’est dans cet objectif que Camyosfop a organisé cet atelier. « Notre objectif était de renforcer les capacités des hommes de médias de ce réseau. Nous avons voulu leur donner les outils afin qu’ils puissent mieux faire leur travail », confie Ngalim Eugine Nyuydine, directeur exécutif de Camyosfop.

Surtout que pour cette association, 33% des medias ne vont pas à la source de l’information. Par ailleurs, il ressort de ces travaux que le Vih/sida s’est féminisée. Selon les statistiques, au Cameroun, 5,6% de femmes sont infectées contre 2,9% pour les hommes. Les tranches d’âge de 15-19 ans et 20-24 sont les plus touchées. Les femmes, les jeunes filles, les réfugiées femmes et les jeunes filles refugiées sont les couches les plus vulnérables. Le principal facteur à risque de la transmission du Vih chez les femmes est la dépendance financière.