Cameroun – Environnement. Après les dénonciations de Greenpeace Afrique: Le bois volé au Cameroun interdit en Europe

Après les dénonciations de Greenpeace Afrique: Le bois volé au Cameroun interdit en Europe La Compagnie de commerce et de transport (CCT) et ses fournisseurs sont accusés d’exploitation illégale des ressources forestières du Cameroun.
En Europe, on apprend de Greenpeace Afrique que les autorités néerlandaises ont sanctionné leur importateur du bois de la CCT en déclarant: «En raison de la situation politique dans le Bassin du Congo, le bois du Cameroun ne peut être mis sur le marché si l’importateur n’a pas pris des mesures de diligence suffisantes pour s’assurer que le risque que le bois ait été coupé illégalement soit négligeable». Ce qui fait dire à Eric Ini que «si le Cameroun est sérieux au sujet de l’élimination du commerce illégal du bois, il doit travailler en étroite collaboration avec l’UE pour une mise en œuvre crédible de l’Accord de partenariat volontaire, et se fixer comme priorité première de rétablir un système crédible de suivi indépendant des réglementations forestières, gouvernance et échanges commerciaux au Cameroun». Comme la Belgique et les Pays-Bas, le gouvernement britannique considère lui aussi le bois du Cameroun comme étant à «haut risque». Il a même déjà enquêté sur les opérateurs anglais commercialisant du bois provenant du Cameroun. «Ces actions du gouvernement du Royaume-Uni et la sanction des autorités néerlandaises sont des premiers pas positifs. Cependant, tous les pays de l’UE doivent traiter le bois du Cameroun comme étant à haut risque, et exiger des normes de vérification préalable strictes de la part des entreprises importatrices, jusqu’à ce que le gouvernement du Cameroun puisse prouver sa volonté et sa capacité à faire appliquer et respecter les lois et réglementations forestières du pays», exhorte Greenpeace Afrique.
Le bois provenant du Cameroun pour les marchés européen et britannique est à «haut risque». Le ministre des Forêts et de la Faune (Minfof), Ngole Philip Ngwese, dénonce un acharnement de Greenpeace Afrique et les amendes des incriminés. Dans son dernier rapport portant sur l’exploitation du bois au Cameroun, Greenpeace Afrique dévoile les pratiques illégales de la Compagnie de commerce et de transport (CCT) et ses fournisseurs. L’organisation non gouvernementale (ONG) tente toujours de percer le mystère de l’exploitation forestière qui profite de moins en moins aux communautés riveraines camerounaises. Après une enquête minutieusement menée dans le fonctionnement de la CCT,le rapport de ses activités est rendu public le 26 mai 2016 à Yaoundé. Intitulé: «La Socamba: ou comment le bois volé au Cameroun est distribué sur les marchés internationaux», ce document incrimine la CCT et ses fournisseurs.

Bois volé
En vue de rétablir la vérité, Greenpeace Afrique,pendant ses investigations, découvre une piste de bois volé menant jusqu’au principal exportateur de grumes au Cameroun, la CCT. Cette compagnie s’approvisionne chez la Socamba, qui, selon les fins limiers de Greenpeace Afrique, est «une entreprise engagée dans des pratiques illégales et destructrices, y compris la coupe de bois à plusieurs kilomètres en dehors de sa concession d’exploitation forestière». Un nouveau cas qui épingle la CCT, spécialisée dans la distribution du bois à des sociétés dans le monde, y compris en Chine et en Europe. En septembre 2015, trois cas d’irrégularité avaient déjà été soulevés chez d’autres fournisseurs de la CCT, notamment la South Forestry Compagny (SFC), Feemam and Sofocam. Ce qui aurait amené le Minfof a ordonné une enquête pour rétablir les responsabilités. Le but étant de retracer l’origine du bois mis sur les marchés internationaux.
Redoutant toutes manœuvres visant à taire la vérité, Eric Ini, chargé de la campagne forêt à Greenpeace Afrique avait déclaré: «Greenpeace Afrique prend note de la vérification des pratiques de la CCT, mais souligne que ce processus devrait être indépendant et transparent, et que les fournisseurs de CCT devront être convenablement sanctionnés lorsque les activités illégales seront confirmées». Quelques temps plus tard, le Minfof, Ngole Philip Ngwese, proclame l’innocence des sociétés exposées par Greenpeace de toute implication dans l’exploitation forestière illégale. Le même Minfof, curieusement, condamne la SFC le 23 juin 2015 «à payer une amende de 38 595 237 de francs CFA pour avoir coupé du bois au-delà de la période autorisée au titre de la VC 09 01 305. Le 18 janvier 2016, la société a été de nouveau condamnée à payer 6 499 810 francs CFA pour l’exploitation forestière en dehors des limites d’une VC non spécifiée», selon le communiqué n°0064/ C / MINFOF / CAB / BNC du 28 Avril 2016.