Cameroun : entre 2010 et 2017, le budget d’investissement public a atteint son plus haut niveau depuis au moins 20 ans

Sur la période 2010-2017, l’enveloppe budgétaire destinée à l’investissement public au Cameroun a enregistré sa plus forte progression au cours des deux dernières décennies, à cause du lancement dès 2012, de certains grands projets d’infrastructures prévus dans le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE) mis en œuvre depuis 2010.

En effet, bien que demeurant le grand mammouth de l’enveloppe budgétaire nationale, le budget de fonctionnement du Cameroun perd de plus en plus de sa graisse, au profit du budget d’investissement public (BIP). Pour preuve, selon les statistiques officielles, alors qu’il ne représentait que 18% de l’enveloppe budgétaire nationale en 2010, le BIP culmine désormais à 36% depuis 2016, soit une progression de près de 20% sur une période de 7 ans.

« En 2017, les infrastructures représentent 67% du budget d’investissement de l’Etat, et c’est la même proportion depuis 2010. », fait remarquer Isaac Tamba (photo), Directeur général de l’économie et de la programmation des investissements publics au ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat). Et de poursuivre : «C’est une option volontariste, délibérée du gouvernement camerounais d’aller dans le sens du développement des infrastructures pour combler les gaps que nous avons accusés pendant les deux décennies d’ajustement structurel».

Dans le détail, alors qu’il était seulement de 677 milliards de FCfa en 2011, le BIP a atteint 792,2 milliards de FCfa en 2012 (soit 28,28% de l’enveloppe budgétaire globale), en augmentation d’un peu plus de 115 milliards de FCfa. En 2013, sur un budget équilibré en recettes et en dépenses à la somme de 3 236 milliards de FCfa, l’enveloppe allouée à l’investissement public représentera 29,57%, soit 957 milliards de FCfa en valeur absolue.

L’étau de la sous-consommation

A partir de l’année 2014, les ressources financières destinées à l’investissement public au Cameroun franchiront, pour la première fois, la barre symbolique de 1000 milliards de francs Cfa, à la faveur du lancement du plan d’urgence triennal pour la réduction de la pauvreté et des chantiers liés à l’organisation des Coupes d’Afrique des nations (CAN) de football 2016 et 2019. Ces ressources atteindront 1246 milliards de FCfa en 2015 (représentant 31,2% de l’enveloppe globale), puis 1525 milliards de FCfa en 2016, soit 36% du budget total.

Cependant, en dépit de cette place confortable que prend le BIP dans l’enveloppe budgétaire nationale, son exécution sur le terrain ne se déroule pas toujours comme sur des roulettes. En témoignent les retards et autres difficultés techniques observés sur certains grands chantiers (projets autoroutiers, infrastructures de la CAN 2019, barrage de Mekin notamment), ainsi que les taux d’exécution du BIP au cours de certains exercices budgétaires. Par exemple, à trois mois de la fin de l’exercice 2014, les pointages officiels révélaient un taux d’exécution du BIP de seulement 36% sur l’ensemble du territoire.

Mais, depuis 2015, la sous-consommation du BIP semble s’être résorbée, et les taux de consommation atteignent désormais 90%, comme ce fut le cas à fin novembre 2015 et en fin d’année 2016. « C’est une performance inédite, qui traduit à suffisance l’efficacité de la batterie d’innovations engagées par le gouvernement. Notamment la mise à disposition rapide du journal des projets, la contraction des délais de démarrage de l’exécution du budget, l’appropriation optimale des procédures par tous les acteurs, ainsi que le renforcement des dispositifs de suivi de l’investissement public.», se félicite-t-on au ministère de l’Economie.