Cameroun: Encore de l’eau dans le gaz à la FECAFOOT

Alors que toutes les attentions sont focalisées sur l’exécution du calendrier des activités de la FECAFOOT aussi bien à l’international que dans les chantiers locaux, voilà que l’ambiance délétère refait son nid dans la région du Littoral.

Au centre du différend, la succession du président régional Pierre Batamak élu en 2015 parmi les vice-présidents de la Fédération camerounaise de football. 237online.com
Que d’éclats de voix en mondovision. Un mets que les hommes de média adeptes du sensationnalisme consomment à volonté en l’amplifiant sans retenue. Toute la cité en raffole à cœur joie. Tant pis pour les dégâts.  L’ancien vice-président régional Essombé Ndoumbé après une longue période de doute sur la passation du témoin se serait fait piéger et risqué le pari électoral. Au finish, une défaite à plate couture. Résultat à la soviétique 100 % ou presque. Courageusement, il a pris des ailes et remis en cause le processus. Le vainqueur Betek, quant à lui, s’agrippe et ne veut rien céder aux contestataires. Ses appuis sont une base électorale « fragile » et probablement fidèle. Dans ce milieu, aucun engagement ne vaut une parole d’évangile. Toutefois,

il doit beaucoup travailler pour imprimer ses marques et créer un climat de confiance pour faire oublier rapidement le passé. Il est vrai que le pouvoir central pourrait constituer un frein à son élan.
Pourquoi perturbe-t-on sa quiétude ?
Au lendemain des élections et sur la base des renseignements plus ou moins fondés, des alliances, à la limite contre nature, sont en cours de ficelage si ce n’est déjà fait. C’est donc une guerre de contrôle pour s’assurer de la maîtrise de la base électorale. Le nouveau président Betek serait peu manipulable et pourrait même échapper au contrôle des caciques. D’aucuns lui collent une autre étiquette celle d’agent double. Qualité qui ne favorise pas la collaboration avec le pouvoir central toujours mal en point tant que les dossiers traînent dans les juridictions. Betek ou Essombé, la partie est loin d’être gagnée. Les associations ont intérêt à se mettre ensemble pour évaluer le chantier et repenser les règles du jeu. L’avenir est à ce prix. Sinon, le sort est définitivement scellé pour le bien d’un groupuscule beaucoup plus motivé à protéger les privilèges que de promouvoir le football.
Soyons sereins et laissons passer le vent des préparatifs de la CAN féminine. Evitons la distraction. N’en va-t-il pas de l’image de toute une Nation ? Après cet événement annoncé à grand renfort de publicité, ce sera le retour aux vieux dossiers dont l’épicentre est la succession de M. Iya Mohammed à la présidence de la FECAFOOT depuis son empêchement en 2013. Le non-respect des dispositions statutaires en matière de vacance a plongé « notre » football dans un océan d’inimitiés. Au lieu des solutions à la camerounaise, les regards sont rivés ailleurs pour la distribution des pilules amères et suffocantes.  Peu importe le temps même si la majorité ignore les mécanismes de succession parfois non écrits.

Fernant Nenkam
Membre-fondateur de l’ACPD
Membre de l’AJSC/AIPS