Cameroun – Electricité: La fin du monopole d’Eneo

Un consortium anglo-norvégien rachète les centrales de Dibamba et Kribi. Montant de la transaction : 125 milliards F Cfa.

Le Fonds d’investissement britannique Actis, concessionnaire du service public de l’électricité au Cameroun à travers sa filiale locale Electricity of Cameroun (Eneo), a annoncé, hier, avoir cédé à un consortium contrôlé par le fonds norvégien Norfund et l’institution de financement britannique Cdc Group, la totalité de ses actifs dans Globeleq Africa, autre filiale du fonds britannique, spécialisée dans la production indépendante de l’énergie électrique, rapporte le site internet Investiraucameroun.com. Entreprise dont Actis est à 100% propriétaire, Globeleq Africa gérait au Cameroun, avant sa cession, les centrales de Kribi (gaz) et de Dibamba (fuel), à la suite du rachat d’Aes-Sonel par Actis. Le Consortium Norfund-Cdc Group hérite ainsi de ces deux centrales électriques, qui ont une capacité cumulée de 302 Mégawatts. Montant de la transaction : 227 millions de dollars Us, soit environ 125 milliards F Cfa.
A la vérité, Actis se retire et cède l’ensemble des actifs de Globeleq Africa

sur le continent au consortium Norfund-Cdc. En dehors du Cameroun, cet opérateur est présent en Côte  d’Ivoire, en Afrique du Sud, au Kenya et en Tanzanie. Mais, la cession de deux infrastructures électriques susmentionnées au Cameroun intervient dans un contexte assez particulier, marqué par l’existence, depuis décembre 2011, d’une loi régissant le secteur de l’électricité.

Brèche
En vertu de celle-ci, les activités de transport et de gestion du réseau de transport doivent relever d’une société à capitaux publics gestionnaire du réseau de transport. La mise en place de la structure chargée de remplacer Eneo dans ce segment devrait intervenir très prochainement. Bien plus, Eneo, qui, jusqu’ici jouissait d’un monopole allant de la production de l’énergie électrique à la commercialisation, en passant  par le transport,  a un champ d’actions désormais réduit, en application de cette loi et de l’avenant n0 2 du contrat cadre de concession qui lie depuis le 07 août dernier l’Etat du Cameroun et Eneo. Une brèche avait déjà été ouverte à la concurrence dans la production et la commercialisation de l’électricité, depuis l’adoption et la promulgation de la loi n° 2011/022 du 14 décembre 2011. La cession de Globeleq Africa des centrales à gaz de Kribi et à Fuel de Dibamba, par Eneo (qui appartient toujours à 56% à Actis),   participe aussi de la volonté de s’arrimer aux dispositions de la nouvelle réglementation en vigueur. Pour mémoire, Eneo, dont 44% du capital est détenu par l’Etat du Cameroun, disposait avant la cession des centrales de Kribi et de Dibamba, d’une capacité de production installée de 999 Mw. Son parc de production passe de 39 centrales à 37.