Cameroun – Education. SUD,La contribution de la philosophie pour l’atténuation des violences

Tel a été le leitmotiv le 19 novembre dernier dans la cour du lycée bilingue d’Ebolowa à l’occasion de la tenue de la 14ème édition dédiée à la philosophie, devant les responsables de la communauté éducative des nombreux élèves des lycées et collèges de la région et une foule d’amoureux de la discipline.

Pour Mathurin Mbita enseignant de philosophie au lycée bilingue d’Ebolowa, plus les difficultés de la vie sont grandes, plus la philosophie est utile pour donner un sens à ces multiples  interrogations.  Il est donc question aujourd’hui dans le monde de s’interroger sur  pourquoi tant de violences, pourquoi la paix est mise en péril. Pour mener alors cette réflexion, l’unesco a créé à cet effet,  une journée mondiale de la philosophie, et dont la 14ème édition s’est célébrée sous le thème « philosophie et violence ».Pour cet enseignant, l’homme porte les gênes d’une violence congénitale qui peut s’exprimer sous la forme phycologique, verbale, sexuelle, physique et même économique avec des conséquences financières qui servent à contrôler même ce que l’autre achète.

Il s’agit alors de l’expression du plus fort, face au « faible ». Le rôle de la philosophie n’est pas de mettre fin à toutes ces formes de violence, mais de véhiculer la culture démocratique à travers le monde. Avec le capitalisme hyperbolique, l’intégrisme qui se vit sans exception dans tous les lieux, la philosophie vient comme ce discours d’un homme, pour parler à l’homme citoyen. C’est-à-dire poser des actes qui doivent aller vers le bien de l’humanité comme disait à son époque Emmanuel Kant, agis toujours de telle sorte que la maxime de ton action puisse être érigée en règle universelle.

Pour le délégué régional du ministère des enseignements secondaires  (minsec), l’unesco en 2002 dans le but d’éveiller les consciences et interpeller les hommes sur la valeur de paix à crée cette journée. Le monde entier qui est aujourd’hui confronté à des actes de violence, on trouve la violence partout. Cette violence tire sa force dans la brutalité qui s’exprime partout où il y a des hommes.

Elle est liée à un déficit de communication, à des frustrations qui débouchent à l’intolérance. Pour lui, la violence doit être dénoncée car, chacun à le droit de vivre en sécurité et dans la justice.  C’est alors un grand moment de réflexion philosophique car, nous connaissons que Socrate est mort condamné à boire de la cigüe mais, il est resté immortel de par sa pensée. D’où la détermination de cette élève du lycée rural d’Ebolowa à travers son poème à vaincre la violence, la brutalité, le racisme et le terrorisme qui vivent et semble battre leur propre record en ces moments.

Si on s’en tient aux agressions du Cameroun par le groupe terroriste islamique Boko Haram avec ses nombreuses victimes, les derniers attentats de Paris très actuels pour ne citer que ceux-là, on constate les proportions de la violence à travers le monde. A cet effet, l’application des valeurs humaines est donc une affaire de tous pour un monde plus harmonieux. A la recherche de ce monde harmonieux, les élèves des classes de terminales des lycées et collèges de la région ont pris part au concours national de philosophie dont le sujet portait sur la contribution de la philosophie dans la lutte contre la violence.

Selon l’inspecteur coordonateur des sciences humaines plus de 3000 élèves ont pris part au concours, plus de 1000 copies ont eues une note supérieure à 10 sur 20.  Six meilleures dissertations  sont allées en compétition au plan national, pour 02 lauréats. Un élève du lycée de Kribi dans le département de l’Océan et 01 élève aussi du lycée bilingue d’Ebolowa dans le département de la Mvila. Ces différents lauréats ont reçu des prix d’encouragement de la part de la communauté éducative. Il faut noter que la contribution de la philosophie dans l’atténuation de la violence est indéniable. Il faut lier la philosophie spéculative  à la pratique, elle doit répondre aux préoccupations sociales.
Qu’elle s’implique dans la transformation de la société, c’est un travail fait en étroite collaboration avec les structures de l’état. Le but visé ici par l’unesco est de souligner la valeur durable de la philosophie pour le développement de la pensée humaine, pour chaque culture et pour chaque individu.

Face à la complexité du monde actuel, la réflexion philosophique est d’abord un appel à l’humilité, à la prise de recul et au dialogue raisonné, pour construire ensemble des solutions aux défis qui nous dépassent. Elle est le moyen privilégié de former des citoyens éclairés, prémunis contre la bêtise et les préjugés dixit Irina Bokova directrice générale de l’Unesco.

En proclamant la Journée mondiale de la philosophie en 2005, la Conférence générale de l’Organisation a accentué l’importance de cette discipline, surtout pour les jeunes, et a souligné que « la philosophie est une discipline qui encourage la pensée critique et indépendante, à même d’œuvrer pour une meilleure compréhension du monde et de promouvoir la tolérance et la paix ». Rendez-vous a été pris pour la 15ème édition avec l’espoir que Dieu inspirera les uns et les autres à vivre dans un esprit d’amour.