Cameroun – Éducation: Comment des écoles privées spolient les parents

Frais d’inscription exorbitants, frais de cours de répétition… tout y passe.

En février 2001, Le Président de la République, Paul Biya, signait un décret instituant la gratuité de l’école primaire publique. Si cette annonce peine à se traduire dans les faits une quinzaine d’années plus tard, la situation est plus critique dans le privé, non concerné par la mesure présidentielle. Certaines écoles privées en profitent ainsi pour spolier les parents.

Le constat de La Nouvelle Expression (LNE) est sans équivoque. Le reporter du journal s’est rendu dans des écoles de Douala et publie, dans le numéro du 23 septembre 2016, des témoignages assez édifiants.

«À l’école primaire privée Ste Angèle, les responsables nous demandent de verser 27 000 FCFA pour la scolarité et 5000 FCFA par mois pour les cours de répétition. N’est-ce pas une arnaque à ciel ouvert ? Depuis quand on fait les cours de répétition au niveau de la  Sil ? Cela veut dire quoi ?», dénoncent des parents. Ces derniers ont entrepris de faire un sit-in dans cette école située au Bloc I du quartier Cité Berge, dans le 3e Arrondissement de Douala.

Les parents dénoncent le fonctionnement de cette école qu’ils jugent paradoxale.  «Aux heures de cours normales en journée, les leçons ne sont pas dispensées aux apprenants, sous prétexte qu’en début d’après-midi, ils auront droit aux répétitions. Que font donc les maîtresses à ces heures ? Elles vaquent sans doute à des occupations autres que leurs missions régaliennes. Du coup, l’enfant de 5 ans qui sort le matin de la maison à 7h30 revient sur le coup de 15h, 16h. N’est-ce pas un traumatisme?», fulminent ces derniers.

L’école Ste Angèle n’est pas un cas isolé. Dans la même zone, les méthodes de l’école privée laïc Petit génie sont dénoncées. Cette école, renseigne un géniteur, «impose également le paiement des frais d’inscription, ce qui est normal, mais d’où sortent ces cours de répétition au niveau de la  Sil ? Dites-moi. Les maîtresses ou maîtres n’ont-ils pas un salaire ? Pourquoi veut-on soulever une manifestation publique. Car, vous n’ignorez pas que la vie est très chère au Cameroun et qu’un fait pareil peut pousser les uns et les autres à bout», se plaint-il.

Les responsables des écoles concernées refusent de s’exprimer. Les responsables du ministère de l’Éducation de Base sont appelés à la rescousse.