Cameroun : Ebolowa 1er , représentativité du secteur éducation

Une étude statistique vient de relever qu’aucun natif de cet arrondissement n’occupe le moindre poste de responsabilité dans la ville ni même à la périphérie. Pire, sur une moyenne de 150 chefs d’établissements d’enseignement secondaire au Sud, moins de cinq sortent de l’arrondissement en question. Ces enseignants crient au complot.
 
Une délégation d’enseignants accompagnée d’un représentant des jeunes de l’arrondissement d’Ebolowa Ier vient de rencontrer l’association des chefs traditionnels de cette unité administrative, afin de crier son indignation. Au terme des échanges houleux et francs, il a été relevé que les enseignants issus de l’arrondissement en question semblent faire les frais d’un probable règlement de comptes (vient de eb.remac) camer.be. Du moins si l’on s’en tient aux statistiques recueillies auprès des services déconcentrés du ministère des enseignements secondaires du Sud. En effet, les enseignants démontrent que l’arrondissement dont ils sont originaires compte à peine trois responsables d’établissements sur toute l’étendue de la région. Ces derniers sont d’ailleurs répartis sur trois arrondissements différents, sauf le leur.

Aux dires des uns et des autres «la situation dure depuis plusieurs années. Et ce n’est ni un problème de profil ni même d’un quelconque équilibre. Juste une injustice savamment orchestrée par une certaine élite tapie dans l’ombre…», regrette l’un d’entre eux sous cape. Un autre enseignant fait remarquer qu’«en prenant une simple moyenne de cent responsables d’établissements qui travaillent au Sud, on y retrouve à peine deux ou trois ressortissants de notre arrondissement d’origine, et encore à des postes ne correspondant pas à leur profil. Certains sont systématiquement expédiés dans des bleds perdus où ils ne peuvent pas évoluer».

Il aura donc été question pour ces enseignants dont la plupart «tiennent la craie» depuis plus de vingt ans, de saisir tout d’abord la chefferie traditionnelle d’Ebolowa 1er, afin qu’elle intercède auprès de l’élite locale. D’après l’un de ces dépositaires du pouvoir ancestral, «cette situation procède du paradoxe ou du complot pour réduire le nombre de nos élites de demain», s’offusque-t-il. Au sortir de cette rencontre entre enseignants et chefs traditionnels d’Ebolowa 1er, il avait été arrêté que ces derniers allaient immédiatement saisir d’abord le directeur des ressources humaines du ministère des enseignements secondaires Daniel Oyono Adams. «En tant que fils et élite de l’arrondissement d’Ebolowa 1er, il doit bien savoir ce qui se passe…», ont martelé en chœur ces chefs traditionnels.

Or, le temps que s’étaient accordées les deux parties pour trouver une issue à l’impasse s’est écoulé depuis fort longtemps. Du côté de la chefferie traditionnelle, l’on évoque le déroulement des opérations de renouvellement des organes de base du Rdpc. Les enseignants quant à eux n’entendent plus se laisser endormir. Ils envisagent rencontrer dans un bref délai, le Pr. Jacques Fame Ndongo camer.be, afin de porter cette situation à son attention. Surtout que  l’arrondissement d’Ebolowa 2è d’où vient le secrétaire à la communication du Rdpc, ne connaît pas ce genre d’incongruités. Au contraire, tous les lycées d’envergure d’Ebolowa sont dirigés par des fils et des filles ressortissants de cet arrondissement.

Pour les enseignants d’Ebolowa 1er, une telle coïncidence frise le complot. Il est question pour le Minesup, personnalité ressource d’accompagnement du Rdpc dans la Mvila de prendre ses responsabilités, et «laver le linge sale en famille». Les enseignants savent bien que leur démarche contraste avec l’idéologie prônée par ces élites de la Mvila : «tout subir, tout supporter, ne jamais broncher afin que Paul Biya sache que tout va bien ici»…Et que, dès à présent, leur carrière risque de prendre un coup, pour avoir osé violer la loi de «l’omerta», le silence absolu jusqu’à la mort. Ils disent en être conscients mais prêts à aller jusqu’au bout. C’est-à-dire marcher ou faire un sit-in à Ebolowa dans les jours à venir.