Cameroun – Eau: le marketing du robinet sec

Près de 70% de la population camerounaise n’a pas accès à l’eau potable.

La ruée vers le précieux liquide est une gymnastique quotidienne, dans plusieurs quartiers des grandes agglomérations. Surtout à Yaoundé et Douala. Beaucoup dorment d’un œil, gardant une oreille angoissée sur leur robinet. Parce qu’avec une capacité de production d’environ 150.000m3 d’eau par jour, la Camerounaise des eaux (CDE) n’est pas en mesure de satisfaire la demande journalière de Yaoundé, qui tourne autour de 230.000m3.
Ce n’est pourtant pas faute d’initiatives. Quelque temps après sa création, en 2008, la Cameroon Water Utilities Corporation (Camwater) en charge, entre autres, de l’entretien des équipements de transport avait conduit un programme d’investissement de 800 millions de dollars afin de résoudre durablement le problème d’accès à l’eau potable dans les deux principales métropoles du pays. Un programme qui avait pour ambition de porter le taux de desserte, alors estimé à moins de 35%, à 60% en 2015. Ce qui devait permettre d’atteindre le seuil de 350.000 abonnés supplémentaires à la CDE, qui jusqu’en 2013 n’en comptait que 270.000. Aujourd’hui, la capitale reçoit quelque 150.000m3 d’eau par jour, soit 100.000m3 venant de la station de traitement d’eau d’Akomnyada et 50.000m3 de la Mefou. Une offre très insignifiante, note la Société générale de France (SGF), qui au côté de la Société import-export des États-Unis ont, en début 2015, apporté des financements d’un montant de 36,110 milliards FCfa afin de réduire de 25% la défaillance à Yaoundé et ses environs. www.237online.com

En attendant la concrétisation de ce projet, la colère des populations ne connaît point de répit. De nombreuses associations défense des consommateurs assignent la CDE en justice, leurs griefs portant notamment sur les coupures intempestives, surtout sans préavis, la mauvaise qualité de l’eau qui, en plus d’être colorée, causerait de nombreuses maladies infectieuses particulièrement chez les enfants. Or, la CDE, créée en décembre 2007 pour assurer la gestion, la production et la distribution de l’eau potable en milieu urbain et périurbain, s’est donnée pour mission d’améliorer la qualité de l’eau distribuée et du service en limitant, entre autres, la durée des interruptions des prestations et en veillant au bon fonctionnement des installations.