Cameroun: Des ministres compromis dans le nouveau gouvernement

Viré il y a une dizaine d’années du Ministère de la jeunesse et des sports (ex Minjes) pour d’énormes embrouilles financières avec la Fecafoot, Pierre Ismael Bidoung Kpwatt vient d’être à nouveau nommé par le Président Biya, au ministère en charge des sports, qui s’appelle depuis quelques années déjà ministère des sports et de l’éducation physique (Minsep).

Certes l’ancien DG de l’INJS était déjà revenu au gouvernement le 9 décembre 2011 après la présidentielle de cette année-là. Mais caché au ministère la jeunesse et de l’éducation civique (MINJEC), ses casseroles passées n’avaient pas été assez remontées en surface. Cette fois-ci, c’est quand même un peu gros. Il est en effet muté à là la tête du département de l’éducation physique et aux sports au moment où le Cameroun s’apprête à accueillir deux événements sportifs majeurs à enjeux financiers importants et déterminants pour l’image d’un pays qui en quête de réputation. Il s’agit des CAN féminine (2017) et seniors (2019). Il y a aussi ce matelas de quelque milliards de Fcfa de quote part du Cameroun à la Fifa dont on dit être à la disposition de la Fecafoot depuis avant la normalisation.C’est intrigant!
Qu’est-ce qui a inspiré le Président Biya à désigner un type avec un tel passif à un moment aussi sensible? A moins que ce ne soit sa mission secrète: aller capter les ressources financières attendues ou mobilisées pour des fins occultes! Mais lesquelles?

Il y a aussi le cas de cet ancien directeur de l’IUT de Douala, M. Ohandja Linus, nommé Secrétaire d’Etat aux Transports, en charge des routes. Mis en débet en janvier 2014 pour plus de 90 millions de Fcfa par le Contrôle supérieur de l’Etat ayant séjourné à l’université de Douala, comment est-il imaginable que le Président Biya, dit-on sur proposition du Premier ministre, ait été nommé dans le gouvernement alors que l’on prétend assainir les gestion des affaires et finances publiques?

En cause, un mode de nomination peu transparent!
Au final, quel message renvoie ainsi le président Biya aux gestionnaires publics et à l’opinion nationale et internationale? Celle détestable d’un pays où de gestionnaires douteux, parfois épinglés par l’organe gouvernemental en charge du contrôle de la gestion des ressources publiques peuvent faire des allers et retours dans les plus hautes fonctions de l’Etat y compris dans les rangs du gouvernement, portant ainsi mondialement la signature de la puissance publique sans être inquiétés! Ca ressemble à une erreur du casting royal! Ou à une perte de repères au coeur de l’Etat!
Nul ne peut croire au moment où l’Etat a tant besoin de ressources pour assurer ses différentes charges dont celle capitale de cette sécurité collective mise à mal par les reflux sécuritaires observés aux zones frontalières est, Extrême Nord et littoral anglophone!
Peut-être aurait-on évité ce genre de contradictions préjudiciables en rendant le processus de désignation des principaux responsables gouvernementaux plus transparent!. Par exemple, une soumission de la liste de personnalités pressenties au Sénat, d’autant que désormais, notre système présidentiel a comme ses homologues américains et nigérians, dispose depuis plus de deux ans de son Sénat.
Certes des légalistes mesquins pourraient nous rétorquer que pour le moment notre Constitution ne prévoit pas une telle procédure. Eh bien, rien n’interdit au président de la République, en attendant de conformer la Constitution à cette nécessité avérée, d’envoyer sa liste au parlement pour montrer des signes de modernité gouvernante. Peut-être un rêve? Mais, le Cameroun que nous voulons pour nos enfants, ne devons-nous pas le rêver chaque jour sur la base des actes et situations publiques vécues?