Cameroun: Des mesures de sécurité allégées à Yaoundé

Prises pour contrer la secte terroriste Boko Haram en juillet dernier, on assiste aujourd’hui à un relâchement du dispositif.

A l’entrée de l’Université de Yaoundé I, l’affluence était remarquable il y a deux semaines. Accéder au campus était devenu un véritable parcours de combattant. En effet, pour entrer au campus, il fallait se soumettre aux détecteurs de métaux et autres fouilles. Seulement, le 23 octobre dernier, ces mesures sécuritaires avaient disparu. «En plus des détecteurs de métaux, nous avons pris d’autres mesures de sécurité dont nous ne pouvons parler. Encore que, je ne suis pas la personne indiquée pour vous donner cette information», indique Benoît Dubois Onana, le responsable de la cellule de communication de l’Université de Yaoundé I.
Le constat fait au campus de Ngoa-Ekelle est le même dans la quasi-totalité des établissements scolaires de la ville de Yaoundé, où on pouvait observer, en plus des détecteurs des métaux, des policiers postés à l’entrée des lycées et collèges. Toutefois, ces mesures préventives n’ont pas duré plus d’un mois.

De même, dans chaque arrondissement de la cité capitale, des contrôles mixtes de la police et de la gendarmerie de jour comme de nuit s’étaient multipliés. Les sacs à mains des femmes étaient fouillés. Devant les services de la police, notamment à la délégation générale à la Sûreté nationale (Dgsn) et à l’Ecole de police, piétons et véhicules étaient interdits de circulation le long du mur d’enceinte. Une fois de plus, cette dernière mesure n’a été appliquée que pendant une semaine. «Samedi dernier, j’étais à Essos et je suis rentrée sur Tsinga aux environs de 2 heures du matin. Nous n’avons rencontré aucun contrôle de police en route», déplore Armand Abanda, étudiant à l’Université de Yaoundé II.
En effet, depuis près d’un mois, certaines mesures de sécurité prises par les autorités camerounaises et appliquées à Yaoundé, suite aux attaques terroristes dans les régions de l’Extrême-nord et de l’Est, ont été relâchées. Pourtant, la menace plane toujours sur le territoire camerounais. «Nous nous sommes aperçus comme la plupart des citadins de Yaoundé de l’allègement visible des mesures de sécurité contre le terrorisme. Mais, je suppose que cet allègement n’est qu’apparent. Sans doute trompeur, car rien ne le justifierait ; nous nous rendons bien compte que ces mesures ont été renforcées aux différentes entrées de la ville», affirme Théophile Yimgaing Moyo, président du Mouvement citoyen (Moci). Avant d’ajouter : «Les populations camerounaises doivent bien prendre conscience qu’elles sont parties prenante de leur sécurité contre ce fléau qui nous menace tous. La vigilance de tous doit être de tout instant».
Pour Sosthène Médard Lipot, responsable de la Communication du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc), «lorsque les mesures de sécurité sont pérennes, elles sont plus efficaces et elles devraient être visibles en situation de crise. Mais lorsqu’elles sont relâchées et que les citoyens s’en aperçoivent, il y a problème. Car, les autorités camerounaises ont fait croire aux populations qu’elles devaient les mettre en sécurité. Il faut que toutes les institutions étatiques en charge de la sécurité prennent leurs responsabilités. Dans tous les cas, nous demandons à nos militants d’être éveillés, de prendre des mesures de sécurité à leurs niveaux».