Cameroun : Danse au pas du chat mort

Créée par un camerounais, la danse est actuellement exécutée dans les points chauds et même dans les clips de stars.

 
Ne pensez surtout pas qu’elle effraye. C’est bien la danse du chat mort et non celle de la mort du chat. C’est au danseur camerounais Barron Scoot qu’on doit cette nouvelle façon de se trémousser. Et dans les réseaux sociaux où tout est parti, c’est ainsi qu’il explique l’affaire. « On attrape le chat. On fléchit avec le chat et on dose le chat de toutes ses forces. On sort les griffes avec la main gauche en tournant les reins. On les sort à droite et on développe ensuite comme on veut ». Dit ainsi, les casaniers ne comprennent pas grand-chose. Avec raison. La danse du chat est dédiée aux jeunes. Ces gars « androïde » qui se démarquent par leurs tee-shirt moulants, leurs pantalons en taille basse, leurs grosses chaînes autour du cou et des boucles en diamant aux oreilles. Le tout rehaussé par une casquette sur la tête. C’est la danse des habitués des points chauds et des boîtes de nuit. Le coupé décalé a toujours sa place. Le ndombolo aussi. Et même le vieux bikutsi de chez nous. Mais désormais, il faut aussi compter avec la danse du chat mort.

Un danseur l’a créée, mais des artistes ont sorti la danse de l’ombre pour en faire de véritables galettes musicales irrésistibles. Sous un rythme très enlevé, invitant à gagner la piste, les promoteurs de la danse du chat mort ont aussi trouvé les mots qu’il faut pour agrémenter le mélange. L’artiste-musicien camerounais Tity-P en est le premier. Fan de la nouvelle danse, il a écrit une chanson pour la promouvoir. A défaut de continuer sur la même lancée, plusieurs autres se sont appropriés le pas de danse dans leurs clips. Camerounais, Nigérians et même Ghanéens. La danse du chat mort a depuis longtemps traversé les frontières nationales. Une promotion dans les médias locaux aiderait davantage à donner un coup de pouce à cette initiative d’un jeune.