Cameroun – Cybercriminalité: Croisade contre les fraudeurs à la Simbox

La Fondation Muna en partenariat avec MTN Cameroon a initié une réflexion sur les moyens de lutte contre le contournement illégal des communications électroniques (Fraude sur les Simbox).

C’était à l’ hôtel Hilton de Yaoundé ce 8 octobre 2015 en présence du Ministre des Postes et télécommunications Mme Libom Li Likeng Minette représentante personnelle du Premier ministre Yang Philemong. Selon les chiffres communiqués par MTN Cameroon, près de 100 millions de minutes d’appels entrants ont été détournées en 2015 par les Simbox au Cameroun, Cette fraude représentant des pertes sèches de l’ordre de 18 milliards de francs CFA pour les opérateurs MTN, Orange et Nextell.

La fraude par Sim Box, comment ça marche ?
La Simbox ou passerelle GSM, se présente sous forme d’un boîtier électronique équipé de plusieurs cartes SIM, fonctionnant avec un équipement complet de télécommunication comprenant notamment un routeur et une antenne relais communément appelée BTS le tout connecté à Internet haut-débit. C’est un dispositif frauduleux de terminaison d’appels qui transforme les appels internationaux en appels locaux. Grâce à un procédé de haute technologie dont le moteur est internet, le routeur transforme les données de l’appel international en local et les envoie dans la Simbox qui, à travers ses différentes cartes SIM, les dispatche à son tour automatiquement selon les réseaux téléphoniques que compte le pays.

C’est grâce à une antenne relais ou BTS que le Sim Box envoie ces appels à ces réseaux. C’est ainsi que les appels parviennent aux correspondants destinataires. Ainsi, vous pouvez recevoir un appel de la France et voir apparaître sur votre téléphone un numéro local. Pour l’usager qui reçoit un appel détourné par la Simbox, la communication est souvent de mauvaise qualité, avec beaucoup d’interférences et de coupures. Le correspondant ne peut non plus être rappelé.

Le décret du 3 septembre 2015 du PM comme solution ?
Pour faire fonctionner les Simbox, les pirates ont besoin de quantité constamment élevée de carte Sim.
Le décret du PM limite le nombre de SIM par abonné et interdit la vente ambulante des puces. Afin d’acquérir une puce, en plus d’avoir une copie originale de la carte nationale d’identité ou de la carte de résident ou de séjour, l’abonné devra également y joindre un plan de localisation de son domicile, ainsi que son adresse complète, de même que le code IMEI de son téléphone portable.
En plus de proscrire la vente ambulante des cartes SIM, le décret du Premier ministre Philémon Yang limite à trois par opérateur, le nombre de SIM pouvant être possédées par chaque abonné. Chaque abonné ne peut donc posséder plus de 9 cartes SIM. En verrouillant l’accès frauduleux aux cartes sim, le premier ministre résout à coup sur un grand pan du problème de fraude par simbox.

Cependant, de l’avis des observateurs avertis, pour résoudre définitivement le problème de fraude par Simbox, il suffirait de réduire les coûts de communication. Le Nigeria l’a compris, l’a appliqué et aujourd’hui la fraude par simbox n’est plus qu’un lointain souvenir dans ce pays. Combattre les fraudeurs par Simbox serait comme combattre les médicaments de la rue. Tant que les prix en pharmacie sont hors de portée, les malades continuerons a s’abreuver au vendeurs ambulants.