Cameroun : Crise Anglophone , Les vertus du dialogue

La crispation de la situation dans les régions du Nord- Ouest et du Sud-Ouest a poussé certains observateurs à parier sur l’impossible dialogue entre le gouvernement et les populations de ces deux régions. Ils ont convoqué, pour appuyer leurs analyses, l’incandescence des événements du 22 septembre et du 1er octobre derniers où des groupes de personnes sont sorties pour défier les institutions de la République. D’autres exégètes de la crise actuelle sont même allés jusqu’à prédire l’échec des « missions de paix et de dialogue » actuellement en cours. Sans surestimer son issue, la descente dans l’arène du Premier ministre, chef du gouvernement et des élites, dans le cadre des « missions de paix et de dialogue » prescrites par le président de la République, Paul Biya, auprès des populations des deux régions, a déjà le mérite de se dérouler dans un climat de sérénité, de tolérance et d’apaisement. Le feedback médiatique de ces descentes et les « larges » consultations organisées par le PM et les chefs des délégations avec divers acteurs, sont en train d’apporter un cinglant démenti à toutes ces prédictions apocalyptiques. Le déroulement de ces concertations sous forme « d’expression directe » prouve que le fil du dialogue n’a jamais été rompu, en dépit de quelques postures radicales. Ce processus de dialogue avec la base, tel qu’impulsé par le chef de l’Etat, vient aussi souligner que le « temps des citoyens » succède au « printemps des extrémistes ». Il s’agit pour le gouvernement, à travers les élites, d’accorder une attention particulière et une plage à cette majorité silencieuse qui a pris ses distances avec les thèses sécessionnistes. Ils sont nombreux, ces Camerounais du Nord-Ouest et du Sud- Ouest qui veulent, à l’instar de leurs compatriotes d’autres régions, continuer de cultiver le désir d’une intégration plus juste et la volonté de mieux vivre, dans un Cameroun « uni et indivisible ». La richesse culturelle du Cameroun ne saurait être une source de problèmes mais plutôt un facteur de développement que beaucoup de pays lui envient. Il faut souhaiter que les propositions issues de ces consultations soient vite concrétisées, afin de remédier aux problèmes profonds dont la crise actuelle est le symptôme. Comme on l’a constaté durant ces concertations, le dialogue et l’examen des revendications quelle que soit leur légitimité, exigent un climat de sérénité, une pause dans les hostilités et un fonctionnement normal des institutions républicaines. L’on espère que cette dynamique d’apaisement sera maintenue pour éviter que les extrémistes de tous bords ne trouvent plus matière à rallumer le feu. Dans ce processus d’apaisement et de dialogue qui se met en place, une place centrale doit être accordée aux Camerounais de la diaspora dont certains nourrissent des idées constructives pour le pays. Aux autres qui se sont transformés en acteurs pyromanes, la porte reste ouverte.