Cameroun : Crédit scolaire , la saison est ouverte

De nombreuses banques ont déjà lancé l’opération qui attire de nombreux parents

La rentrée scolaire 2017-2018 est prévue pour le 4 septembre prochain. Et du côté des parents, l’on pense déjà à cette future échéance. Ce d’autant plus que certains établissements exigent déjà la première tranche de frais de scolarité. Compte tenu des besoins financiers inhérents à la rentrée scolaire, les établissements bancaires proposent des crédits scolaires : une sorte d’avance de trésorerie permettant aux parents de gérer les pensions et autres fournitures d’école. A Yaoundé, une bonne partie des banques et établissements de microfinance ont lancé la campagne 2017-2018 au début de ce mois de juin.
« Ce n’est pas encore la grande affluence. Nous avons enregistré près de 10 dossiers et certains clients sont en train  de constituer les leurs », apprend-on dans une banque de la place. L’ambiance est similaire dans d’autres établissements visités par CT. « Il n’y a que deux jours que nous avons lancé le produit. Actuellement, nous faisons des campagnes publicitaires et envoyons des mails et SMS pour informer le plus grand nombre de clients des conditions liées à ce crédit », explique une autre source.
En effet, le crédit scolaire est un prêt octroyé sous 48 ou 24 heures pour une période allant de neuf à 11 mois selon les banques. Très souvent, les souscripteurs qui sont les clients des banques, salariés réguliers, doivent déposer un ordre de virement irrévocable, des bulletins de paie et une attestation de présence effective entre autres pièces. Le montant octroyé est fonction du salaire du demandeur et chaque mois, le tiers de celui-ci lui est prélevé comme l’autorise la quotité fixée par le ministère des Finances. Pour la Banque internationale du Cameroun pour l’épargne et le crédit (Bicec), c’est un produit phare qui permet d’engranger d’importants fonds. « Nous avons mis cette opération sur pied depuis 20 ans déjà. Et au fil du temps nous enregistrons de nombreux clients. L’an dernier, nous avons octroyé des crédits de l’ordre de 20 milliards de F environ pour près de 40 000 demandes. Cette année, nous comptons octroyer 21 milliards de F », affirme Omer Thierry Ntere Okala, directeur régional Centre-Sud-Est de la Bicec.
D’autres établissements tels que les Caisses d’épargne populaire d’investissement (CPI), font l’objet de nombreuses demandes également. La campagne officielle est prévue pour le 1er juillet, mais les dossiers se bousculent déjà sur la table de Sophie Yvette Mbassi Bessala, chef d’agence régionale du Centre des CPI. « Nous avons dû commencer plus tôt que prévue cette année car la demande est forte. A cet effet nous prévoyons d’octroyer les crédits en 24 heures et non 48 heures comme auparavant», déclare-t-elle.

 

Rose Balemba: «Je gère les rentrées sans pression »

Fonctionnaire

« J’ai plusieurs enfants en âge scolaire. Certains sont au niveau universitaire. Réunies, leurs pensions coûtent excessivement cher. Chaque année, je fais recours au crédit scolaire. Il s’agit d’une part de gérer les pensions exigibles dès le mois de juillet et d’autres part, d’assurer l’achat des fournitures. Au début du mois de septembre, elles coûtent relativement cher. Je  suis satisfaite de ce service car grâce à lui, je gère les rentrées sans pression ».

 

Odette Tchatchouang: « Tout est plus facile »

Employée d’entreprise

« J’ai fait l’expérience du crédit scolaire il y a deux ans. Avant, je subissais trop de stress du fait des pensions et des fournitures. J’oubliais parfois de verser les tranches mensuelles et chaque fois, la liste des fournitures s’allongeait. J’étais constamment à cours d’argent. Je me suis résolue à souscrire à cette offre et depuis, tout est plus facile. Je paye entièrement les pensions en début d’année. Et je règle les fournitures une fois en possession des listes ».