Cameroun : Couverture santé universelle , Les pistes de financement

Les simulations préalables à la détermination des montants des contributions étaient au centre d’une réunion présidée lundi à Yaoundé par le Minsanté, André Mama Fouda.

C’est l’une des étapes les plus importantes sur le chemin qui mène à la mise en place de la Couverture santé universelle (Csu) : le classement des populations selon les caractéristiques socio- économiques pour savoir à quelle hauteur chacun pourra contribuer. Bien qu’étant un système permettant de réduire les inégalités d’accès aux soins de santé des populations, chacun est appelé à mettre la main à la poche. D’où la nécessité de cette catégorisation de la population qui a été faite par les experts de l’Institut national de la statistique (Ins) depuis le 27 mai 2017. Lundi dernier à Yaoundé, cette étude a été rendue publique en présence de plusieurs membres du gouvernement.

Menée dans quatre régions (l’Est, le Centre, le Littoral et le Sud), l’étude a dévoilé un classement des populations en plusieurs catégories. Notamment les agriculteurs, les salariés du secteur privé formel, les salariés du secteur public, les personnes sans emplois (chômeurs, élèves, étudiants)… Le tout avec des propositions de contributions annuelles. A peine l’exposé bouclé qu’un représentant des agriculteurs est entré en scène. « Nos revenus ne sont pas constants. Ils dépendent de la conjoncture, du climat et autres. Donc, on ne peut pas avoir à payer un taux fixe », a-t-il lancé. La couverture santé universelle est soutenue par trois questions fondamentales : quels services sont offerts ? Qui est couvert ? Et comment ? Aussi, le ministre de la Santé publique a-t-il expliqué que « nous avons voulu savoir comment le secteur informel va contribuer.

Car c’est une dimension obligatoire. Ceci sachant que 85% de la population est dans le secteur informel ». A en croire le Dr Bernard Cheumaga, coordonnateur du groupe technique national pour CSU, l’étude va être transmise au gouvernement pour appréciation le moment venu. Mais séance tenante, le Minsanté a indiqué d’ores et déjà que « nous connaissons à peu près la population qui sera capable de contribuer. Il faut déjà comprendre que ce n’est pas le ménage qui contribuera, mais chaque individu en fonction de son revenu. Le couple qui travaille et qui n’a qu’un enfant, va contribuer comme celui qui a dix enfants. C’est la solidarité adoptée dans notre système ». En attendant la détermination des montants des contributions, d’autres réunions ont été annoncées sur le même sujet.