Cameroun: Controverse autour du limogeage du délégué régional d’Elecam de l’Extrême-Nord

Il aura seulement passé douze mois à la tête de la délégation régionale d’Elections Cameroon (Elecam) de l’Extrême-Nord.

Installé dans ses fonctions le 24 août 2015, Ali Hamidou a été limogé le 16 août 2016 par une décision du directeur général d’Elecam, Abdoulaye Babalé. 237online.com Il a été remplacé par Me Benjamin Lazabo qui était délégué départemental d’Elecam pour le Mayo-Kani. Selon une source à la délégation régionale d’Elecam, le motif de son limogeage est «l’utilisation des véhicules de service à des fins extraprofessionnelles». L’ex-délégué régional paye ainsi le prix de son «entêtement» de mettre à la disposition des autorités administratives des véhicules d’Elecam pour leurs tournées et autres missions. Une pratique qui, selon ses collaborateurs, ne respectait pas la neutralité que doit afficher cet organe en charge des élections au Cameroun. Pour eux, le fait pour certaines personnes de voir les véhicules d’Elecam dans les cortèges des autorités administratives, peut être interprété comme un signe de connivence avec l’administration. Pourtant, Elecam est un organe indépendant qui

ne doit pas perdre sa crédibilité auprès des populations. Le «malheur» d’Ali Hamidou a commencé le 11 août 2016 par une demande d’explication à lui servie par son patron, le directeur général d’Elecam, à laquelle il a répondu promptement. Cinq jours après cette demande d’explication, notamment le 16 août, la décision d’Abdoulaye Babalé tombe comme un coup de massue sur la tête de son neveu Ali Hamidou. Le lendemain 17 août, le directeur général adjoint d’Elecam, Eric Essoussé, est dépêché à Maroua, pour procéder à la passation de service entre le délégué sortant et entrant. Pour de nombreux observateurs, le limogeage de l’ex-délégué régional apparaît comme une trahison pour Abdoulaye Babalé. Car le directeur général a vanté les qualités de son collaborateur régional lors de son installation le 24 août 2015. Dans son discours de circonstance, il a dit d’Ali Hamidou que «je ne crois pas me tromper si je déclare, haut et fort que vous êtes l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, surtout en ce moment». Une marque de confiance qui n’a malheureusement pas duré. A la délégation régionale, les collaborateurs de l’ex-délégué reconnaissent en lui la qualité d’un bon manager qui sait bien gérer ses personnels. «Il a considérablement amélioré la gestion des ressources humaines. Tous les personnels sont galvanisés à produire des bons résultats. La preuve, l’Extrême-Nord a occupé la première place au classement national des inscriptions sur les listes électorales».