Cameroun : Consommation , le poulet congelé refait surface

Malgré l’interdiction qui court toujours, cette denrée issue de la contrebande est vendue dans les marchés sous cape.

La rareté du poulet  de chair ou des pondeuses sur le marché, due à l’épizootie de grippe aviaire depuis 2016, favorise le retour du poulet congelé dans le panier de la ménagère. En effet, bien qu’interdit au Cameroun depuis 2006, ce produit généralement importé se retrouve peu à peu sur les étals. Des tours dans des marchés tels que  Mvog-Mbi et  Mfoundi   ont permis de faire ce constat. Même si le commerce se pratique sous cape. Ainsi de nombreuses femmes se bousculent dans les ruelles desdits marchés pour se procurer quelques tas de morceaux de poulet congelé.
Le premier venu dans une poissonnerie de ces marchés par exemple, à la recherche de poulet, est rapidement dirigé vers des couloirs peu enviables où l’odeur du poisson exposé au soleil sans hygiène se mélange à celle des découpes de poulet vendues dans les mêmes conditions. Ici, différentes parties sont exposées en tas. Les détaillants les proposent à 1000 F pour les pattes et 2000 F pour les cuisses et les ailes (entre 7 et 8 morceaux).  « Nous ne vendons que des poulets entiers produits au Cameroun », lance un employé de poissonnerie en blouse. Mais dès que le client dit qu’il a besoin de découpes en grande quantité, les langues se délient et rapidement, on vous conduit à l’arrière-boutique pour présenter les différentes offres. Le carton de pattes est vendu à 19 500 F, celui des ailes à 20 000 F et enfin les cuisses à 18 500 F.   Quand on les questionne sur cette manière de procéder, les commerçants affirment avoir peur des contrôleurs du ministère du Commerce. Après quelques questions subtiles, ces commerçants avouent à contre cœur que ces poulets ne sont pas issus des fermes locales, ou des chaînes d’abattage installées dans quelques villes du pays par le Programme agropole, mais importés de deux trois pays voisins où la commercialisation des découpes de poulet ne pose aucun problème. « Nous réussissons à faire entrer ces marchandises avec l’aide de nos connections aux frontières », poursuit l’un des grossistes.