Cameroun – Consommation. Consommation: du riz périmé commercialisé

Un opérateur local surpris en plein reconditionnement de cette denrée dans des sacs neufs. Les stocks ont récemment été saisis par la délégation départementale du Mfoundi.

 

Lorsque ses clients ont le dos tourné, cet établissement basé à Yaoundé et spécialisé dans le commerce général, se mue en usine de reconditionnement de riz périmé. Des quantités importantes de riz thaïlandais de marque « Lion » dont la date de péremption approche ou est échue, étaient commercialisées dans des sacs neufs, dotés d’une nouvelle date de péremption. Dans les locaux de cette société, le transvasement se faisait de manière artisanale. Les opérateurs procédaient à l’ouverture de sacs de riz scellés, les stockaient dans des récipients divers avant de les transvaser à l’aide de seaux dans des emballages tout juste fabriqués. La brigade des contrôles et de la répression des fraudes de la délégation départementale du ministère du Commerce du Mfoundi en a fait le constat lors d’une de ses descentes sur le terrain il y a quelques jours. L’opération, effectuée sous la houlette du ministre du Commerce, visait l’assainissement du marché et la protection du consommateur.

Lors de cette descente, les éléments de la brigade ont remarqué que le riz en vente dans l’enseigne devait se périmer au mois d’août 2016 et était reconditionné dans des sacs sous une date de péremption qui échoit en 2019. Parallèlement, la brigade affirme que rien n’assure que les premiers sacs de riz, dont la date de péremption arrivait en août 2016, n’avaient pas été au préalable reconditionnés. Raison pour laquelle elle suspecte certains de ses stocks de riz d’être périmés depuis sept, voire 10 ans. 50 sacs de 50 kg ont été confisqués en saisie réelle tandis que le reste des stocks, en quantité trop importante, a été retenu en saisie conservatoire dans les locaux de l’entreprise. Ce riz se reconnaît à son aspect moisi, tandis que des taches blanches ont eu le temps d’apparaître sur les grains.

Selon les éléments de la brigade, le propriétaire de l’entreprise accumule les infractions. D’abord, étant à la tête d’une société de commercialisation, il n’est pas habilité à ouvrir des sacs de riz, encore moins à leur changer de conditionnement. Au niveau du prix, le revendeur qui reconditionne ce riz, le commercialise sous le label « Prestige » en augmentant son coût. Ce dernier passe de 13 000 F environ par sac à 17 000 F, pour une denrée qui est tout simplement impropre à la consommation. Aussi, rien ne garantit que le poids du sac est resté le même après avoir subi les manipulations. L’opérateur concerné a été convoqué par la délégation afin d’être entendu, même si jusqu’ici il ne s’est pas encore présenté. Les sanctions qu’il encourt vont jusqu’à l’interdiction de toute activité commerciale, puisqu’il s’agit, selon la brigade des contrôles, d’une « situation d’empoisonnement de la population ».