Cameroun- Comprendre : Cabral Libii se trompe et pense tromper les Camerounais

Monsieur Cabral Libiia finit par affirmer que Paul Biya avait gagné les élections parce que les Camerounais ne s’étaient pas inscrits sur les listes électorales, laissant ainsi apparaitre enfin au grand jour le contenu de sa partition dans le grand barnum électoral dernier. L’opération semble avoir été graisseuse (10 kg en deux mois) d’où l’idée de remettre ça aux législatives et municipales.

52 Millions de francs CFA, voilà le montant qu’auraient déboursé les Camerounais afin qu’enfin le professeur Cabral Libii leur délivre le secret de la victoire (dit-il) de Paul Biya. Seuls les partisans du RDPC, spécialisés dans ce genre de rapine, ne trouveront rien à en redire. En tout cas pour les Camerounais, le compte n´y est pas, il y a eu tromperie, soit sur la marchandise soit sur les termes de la mission. En tout cas Paul Biya est toujours là.

Pour les Camerounais, il s’agissait de libérer leurs énergies, afin de les mettre en branle pour revendiquer leur pays confisqué par des néo-colons. Au lieu de cela, Monsieur Libii a tout simplement captivé leur énergie pour les aider à s’endormir dans leur anesthésie générale, pour se pavaner à l’étranger, notamment aux Etats-Unis, ou pour se goinfrer avec près de 10 kg de plus en moins de deux mois.

Les camerounais attendaient le brillant juriste au conseil constitutionnel, il n’y était pas. Ils l’attendaient dans les revendications de leur voix, il n’y était pas. Ils l’attendent encore dans la mobilisation contre l’auto-génocide auquel nous assistons en zone anglophone, il n’y est toujours pas. Monsieur prépare les législatives, avec pour principal adversaire, dit-il le MRC qu’il attaque à tout rompre, tout en essayant de flouer les Camerounais en imitant maladroitement Maurice Kamto dans un style de mimétisme digne d’un caméléon. A propos, aux dernières nouvelles, M. Libii aurait aussi lancé une nouvelle station de radio à défaut d’une chaine de télévision. Comme quoi l’original est toujours mieux que la copie.

En attendant, les Camerounais, qui sont enfermés dans la misère, apprennent que leur champion virtuel, non content de toucher un salaire sans travailler, a obtenu du gouvernement Biya que sa femme l’accompagne aux Etats-unis, dans son exil ou retraite volontaire, loin des pauvres Camerounais.

J’en appelle donc à toutes les bonnes volontés pour aider Monsieur Cabral Libii à arrêter de se tromper car nous avons besoin de tout le monde et surtout d’un brillant juriste comme lui.

En effet, l’organisation d’une élection transparente et juste est une volonté politique dont le pouvoir en place au Cameroun ne connait même pas le parfum. Cette organisation nécessite un ensemble de facteurs concordants tels qu’un recensement général approprié de la population, une inscription sur les listes électorales avec carte de vote, une commission électorale indépendante et une organisation matérielle des élections exemplaires. Monsieur Libii se trompe quand il pense qu’il peut se focaliser sur un de ces facteurs, en l’occurrence des inscriptions sur la liste électorale, et en faire une réussite électorale.

Pour être plus clair, la responsabilité des inscriptions sur les listes électorales incombent totalement au ministère de l’intérieur qui maitrise la procédure d’inscription et les moyens pour constituer un fichier électoral fiable. C’est un leurre de croire que les partis peuvent assumer cette tâche, à moins qu’ils ne soient recrutés par le ministère de l’intérieur dans un cadre bien précis. Toutefois il revient aux partis politiques d’encourager les citoyens à aller voter afin de réduire l´abstention. D’ailleurs le bilan des inscrits en 2018, après le mouvement 11 millions d’inscrits est largement inférieur au nombre d’inscrits en 2011. Autrement dit seul le pouvoir en place peut vous proclamer un nombre d’inscrits à son bon vouloir et en fonction de ses calculs électoraux.

Il est souhaitable que M. Libii comprenne qu’il doit arrêter de se tromper en pensant que cette opération est une panacée, et cela pour plusieurs raisons que nous pouvons énoncer étape par étape.

–    C’est le pouvoir en place qui détient tous les éléments matériels pour une inscription, et nous avons vu à plusieurs endroits à Douala ou ailleurs où il manquait des cartons, soit pour les cartes d’identité soit pour les cartes d’électeurs et même pour les récépissés.

–    Connaissant la nonchalance et la nature immobile de ce gouvernement, il n’est pas surprenant de les voir ralentir tous les processus avant les élections et, par par la suite, afficher des cartes d’identité et d’électeurs en souffrance dans les bureaux. Tout cela afin de justifier une fraude par une accusation des camerounais, comme l´a fait Cabral.

–    Si les Camerounais n´ont pas de carte d´identité ce n’est pas parce qu’ils aiment être des sans-papiers. Nous savons tous que c’est une volonté du gouvernement en place qui use de tous les stratagèmes, y compris des escroqueries, pour décourager les Camerounais de se munir de cette carte. Personnellement, j’avais dû me rendre au commissariat 8 fois en un an pour enfin avoir droit à ma carte d’identité.

–    Supposons même que M. Libii réussisse à inscrire les 11 millions comme il le dit, il n’est pas d’abord capable de dire combien il aurait effectivement inscrit sur les listes car les partis ne sont pas responsables de la liste de référence qui devait être bien connue grâce au recensement qui n’existe pas. Ce qui veut dire que le pouvoir en place peut donner le chiffre qu’il  veut en fonction de son calcul électoral. De plus, le parti au pouvoir, peut créer des camerounais compétemment fictifs (avec carte d’identité et carte d’électeur) à qui il attribuera un vote. De véritables créatures androïdes, bien loin de la cohorte des vraies créatures que sont les ministres.

–    A l’approche des élections, le pouvoir en place refuse de donner la liste des électeurs aux partis et ne les affiche que le matin des élections, dans un chaos indescriptible où on se demande à quoi auraient servi les millions d’inscrits puisqu’on ne sait pas où ils vont voter et dans quel bureau figurent leurs noms.

–    Ce gouvernement s’est arrangé pour qu’aucun parti de l’opposition n’ait accès aux vrais résultats, se contentant de fournir un ensemble de compilations, complètement inventées et parfois de façon fantaisiste ou arrogante. Le caractère frauduleux de ces compilations est tellement irradiant qu’il a laissé bouche bée le président du Conseil Constitutionnel. Les sources très proches rapportent d´ailleurs que le président du Conseil ne s’en est toujours pas remis malgré le gros budget décaissé pour la construction de sa maison dès le lendemain des audiences.

–    Etc…

J’en appelle également à toutes les bonnes volontés pour aider Monsieur Cabral Libii à arrêter de croire qu´il peut tromper les Camerounais une deuxième fois, volontairement ou involontairement. Il faut qu’il se reprenne car le peuple Camerounais a besoin d’un brillant juriste comme lui.

Il est une chose de s’obstiner à se tromper soi-même ou à se fourvoyer. Il en est tout autre chose de croire que l’on peut tromper les Camerounais une deuxième fois et surtout quand l’on s’aventure à utiliser les mêmes arguments ou les mêmes ruses. Ce qui fait bien penser à cette chanson des Magic Systems « Premier Gaou n’est pas Gaou » je crois. Penser tromper les camerounais pour une deuxième fois relèverait de la magie et je dirais même de la sorcellerie puisque nous sommes au Cameroun, ce pays où le président de la république appelle ses compatriotes par le doux nom « d’apprentis-sorciers ».

Pour les Camerounais, sachant qu´il ne sera pas possible de chasser du pouvoir les usurpateurs qui malmènent les Camerounais sans un soulèvement populaire, M. Libii a déjà trahi le peuple Camerounais en se vantant de n´avoir pas appelé le peuple à se soulever pour revendiquer son vote. En plein soutien au régime en place, cet apprentis-sorcier admet que l’opposition a gagné les élections, sans aucun doute, mais il prétend qu’il n’a pas les moyens de le prouver, c’est pourquoi il ne peut pas rejoindre le mouvement du NON AU HOLD-UP ELECTORAL.

Il revient cette fois avec la même musique et promet qu´après les législatives et les municipales, il va enfin se battre pour revendiquer le vote des Camerounais, avec le même stratagème que lors de la présidentielle et sans aucune garantie qu’il va remplir le cahier de charges ou sa mission.

Les trois questions des Camerounais à Monsieur Libii sont :

1-    Comment allez-vous faire cette fois-ci pour inscrire 11 millions de Camerounais sur les listes électorales, alors que le gouvernement est manifestement et absolument contre ?

2-    Puisque vous savez déjà que l’opposition va gagner les législatives et les municipales, comme à la présidentielle, comment allez-vous faire pour avoir les moyens de prouver la victoire de l’opposition, alors que le pouvoir en place n’a aucune volonté de reconnaitre les vraies résultats ?

3-    Combien de mois de vacances, loin , aux Etats-Unis vous faudra-t-il cette fois-ci avant de songer revendiquer cette victoire des Camerounais ?

Il est indéniable qu’il sera très difficile de faire confiance à ce brillant juriste dans l’état actuel des choses, car malgré tous ses talents, il a posé des actes qui inquiètent plus d’un camerounais. Les Camerounais pensent particulièrement qu’il n’est pas encore fait pour le job car :

–    Oui ! Il a effectivement libéré des énergies qu’il a capté pour aller se goinfrer aux Etats-Unis où il a pris 10 kg en deux mois, au lieu de les mobiliser pour le changement.

–    Les Camerounais ont besoin d’un leader qui est là au bon moment pour défendre leurs votes au Conseil Constitutionnel, pour les encadrer dans la résistance face à un régime brutal.

–    Cabral présente des similitudes avec le pouvoir en place quand il touche un salaire alors qu’il ne travaille pas ou qu’il se barre en compagnie de sa femme pour les Etats-Unis aux frais de la princesse. Deux mois de vacances, rien que pour avoir fait une campagne. S’il avait gagné les élections il aurait probablement eu besoin d’un an au moins aux Etats-Unis, exactement comme Paul Biya à Genève.

–    Les Camerounais pensent qu’il vaut mieux éviter d’exposer cet élégant garçon à un risque d’obésité connaissant la lourde responsabilité de l’obésité dans la mortalité chez les humains. En effet, avec dix kilogrammes en deux mois, et connaissant le budget pour les frais de bouche d’Etoudi, la crainte d’un président obèse est réelle.

Avant de conclure, il faut rappeler que les élections au Cameroun sont sanctionnées par des proclamations comme par exemple à la présidentielle : Biya 72%, Kamto 14%, Libii 7%, etc… Ce qui veut dire que si les Camerounais n’exigent pas un changement, soit en mettant fin au hold-up, soit en modifiant profondément le système électoral, Cabral Libii pourra rejouer son fameux album à la perfection. Cette fois-là, il faudra s’attendre, en plus des voyages aux Etats-Unis, à la propulsion de son parti au rang du principal parti de l’opposition, derrière le RDPC qui ravagera la majorité à l’assemblée et les plus grandes villes, toujours par proclamation. Et comme d’habitude Cabral Libii dira que c’est son parti qui a gagné mais qu’il n’a pas les moyens de prouver sa victoire. Il reconnaitra quand même la victoire du RDPC par la faute des Camerounais qui ne se sont pas inscrits ou n’ont pas voté. Eh bien Monsieur Libii, les Camerounais te disent qu’ils n’ont pas les moyens de te maintenir dans ce délire.

Les chances de Cabral de rebondir en politique restent immenses car il est jeune et tout le monde a le droit de se tromper. Mais une prudence s’impose dans le cas du Cameroun car il ne s’agit pas seulement de la politique, il s’agit de la vie des Camerounais qui meurent tous les jours à tous les coins de la vie misérable qui règne dans ce pays. Alors pour l’ami Cabral, en bon Camerounais, je peux lui garantir que gagner au tiercé deux fois successivement est très difficile. En tout cas c´est encore une occasion de rappeler, à lui et à tous ceux qui rêvent debout, ce que disait Bob Marley « You can fool some people some times but you can not fool all the people all the time ». Comme il revient d’Amérique, Bob Marley paraphrasait à l’occasion  l’Américain Abraham Lincoln.

Douala Ngando

Par Douala Ngando