Cameroun – Commerce: l’os de bœuf nourrit son homme

Prisés par des artisans, ces ossements servent à fabriquer la céramique, les alvéoles d’œufs, la provende et des bijoux.

50 kg le sac d’os de bœufs à 5 000 Fcfa, voire plus ! C’est le prix proposé par certains bouchers de la capitale. Approché, Joseph K., vendeur de viande de bœuf au marché Mokolo à Yaoundé raconte :«J’ai commencé à vendre les os quand j’avais constaté, il y a environ deux ans, que ça rapportait. Mes amis bouchers disaient chaque fois qu’ils se faisaient du pognon grâce aux os. Ils venaient parfois à mon comptoir prendre les os que je laissais de côté pour la voirie».Puis de poursuivre : «C’est lorsqu’un collègue m’a confié que son voisin fermier passait souvent à la décharge du marché chaque nuit ramasser ces os pour la provende de ses poulets qu’il avait compris que c’était utile pour les éleveurs. Il a aussi compris que la vente d’ossements de bœufs pouvait rapporter gros. C’est depuis lors que la nouvelle est allée comme une trainée

de poudre et que la plupart des bouchers vendent les carcasses.»
En fait, les fermiers achètent ces ossements, les brûlent jusqu’à ce qu’ils soient calcinés et les mélangent à d’autres ingrédients tels le maïs, les déchets de poissons, de crevette, le soja, etc… «L’os dont nous nous servons pour constituer l’aliment des poulets sert de calcium pour fortifier les os des poules que nous élevons», témoigne un fermier venu acheter son sac d’os. «C’est très essentiel pour l’aliment des poussins. Depuis que les fermiers l’on découvert, ils ne s’en passent plus. Avec un sac de 50kilos, je constitue l’aliment d’une semaine», raconte-t-il fièrement.
Porcelaine. La provende n’est pas la seule chose qu’on fait à base d’os de bœufs. Les plats en porcelaine très friables qu’on trouve moins cher (Une série de 4 voire 6 plats à 1 000 Fcfa, ndlr) dans les marchés sont également fabriqués à base d’os. Approché, un fabriquant de ces plats dans la banlieue de Yaoundé affirme : «nous fabriquons les plats avec les os que nous brûlons jusqu’à ce qu’ils blanchissent comme de la craie. Nous mélangeons ensuite avec du sable et du ciment colle  qu’on utilise pour la pose des carreaux. Après avoir moulé tout le mélange pour obtenir les formes que nous désirons, nous les ponçons. Après ponçage, on plonge les plats dans du vernis pour qu’ils brillent. On peut dessiner dessus. Ça dépend !», raconte Bertin, fabricant des plats. Puis de reconnaître que «ces plats ne sont pas très solides car fabriqués de manière artisanale. C’est pour cela qu’ils coûtent moins chers sur le marché ».