Cameroun – Commerce: Les trafics de la «vente aux enchères»

Les «ventes à la criée» qui se déroulent généralement aux abords des routes et impossibles à localiser deux fois au même endroit, sont pour la plupart, des mises en scène pour pousser les curieux à acheter.

Les produits proposés par ces commerçants sont d’une diversité infinie. Tout le monde peut y trouver son compte. Les prix sont toujours très attrayants, pour faire croire à l’acheteur qu’il fait assurément une excellente affaire. Mis à part que, les produits achetés sont certes à des prix imbattables mais exempts de garantie.

«Mon ami je veux une garantie sur ce IPhone. 30 000 FCFA ; c’est de l’argent tout de même. Je veux une garantie. C’est quoi cette arnaque» dit une cliente insatisfaite de son reçu d’achat. «Tu achètes un téléphone haut de gamme à ce prix et tu oses demander la garantie. Ma sœur, il ne faut pas déranger les gens. Il n’y a pas de garantie à la vente aux enchères», scène reproduite dans le journal Le Quotidien de l’Economie du vendredi 23 octobre 2015.

Les vendeurs eux même sont conscients que les articles qu’ils proposent sont de qualité douteuse. Ils n’aimeraient pas avoir à gérer des retours. En plus de cela, les ventes sont une vraie mise en scène. «Les cotations sont faussées. Dans la foule, il y a deux ou trois de nos personnes qui passent leur temps à hausser les prix sans jamais acheter. Ils se taisent lorsque les frais des cris ont atteint le quota que nous avons programmé avant l’ouverture des enchères», indique une source habitué à effectuer des ventes dans la rue.

D’après Honorine Dogmo, huissier de justice, «seuls les huissiers de justice sont habilités à faire la vente aux enchères». Les personnes présentes aux bords des rues sont généralement des représentants de certains magasins dans lesquels personnellement un client ne s’aventurerait pas de son plein gré. «Les articles exposés à la vente aux enchères sont parfois des objets bien nettoyés de la brocante, des occasions d’Europe, des recels, et des vieux stocks de magasins», avoue un commissaire-priseur sous anonymat.

D’après l’huissier de justice, les ventes aux enchères même légales ne donnent pas de garanties, car les objets vendus sont souvent des objets saisis, les huissiers ne prennent pas le temps de les essayer pour savoir lesquels sont encore en bon état ou pas.