Cameroun – Commerce : désaccord entre les quincailliers et la douane

Une rencontre a été initiée pour permettre aux deux parties de s’accorder sur les prix des douanes des produits ferreux.

La rencontre organisée dans la capitale économique, au siège de la Chambre de commerce, des mines et de l’artisanat (Ccima) visait un objectif principal : pallier aux problèmes liés à l’application par la Douane du Trafic Extérieur Commun (Tec) sur la filière quincaillerie et les matériaux de construction. Mécontent, le Syndicat des importateurs et distributeurs des matériaux de construction du Cameroun (Syndimac) a tenu à faire entendre sa voix. A en croire Gaston Nemadeu, président dudit  Syndicat, les quincailliers et la douane camerounaise ne s’accordent pas sur les prix du fer. Il dénonce une divergence avec la Douane sur l’application de la valeur mercuriale comme base de calcul, principalement, sur les produits 72 et 73, tout en souhaitant une modification de la note 209 qui, d’après les quincailliers, ne tient pas compte de la baisse du prix du fer sur le marché international.
« Nous souhaitons la suspension de cette note 209. La Douane camerounaise ne respecte pas les traités internationaux. Le prix du fer sur le marché international est en constante baisse. Mais, la douane ne tient pas compte de cela. Il est actuellement de 269000Fcfa la tonne de fer à l’international et 500 000 Fcfa à la Douane. Ce qui n’est pas normal », s’offusque Gaston Nemadeu qui note également que la Douane leur impose un montant minimal à payer pourtant, ajoute t-il, les classes 72 et 73 ont des produits ferreux dont les prix sont connus. « La base de fixation de la mercuriale ne nous satisfait pas. Le prix de la tonne de fer qui était de 1000 Dollars par le passé a baissé de moitié et est aujourd’hui à 500 Dollars alors que les prix de la mercuriale à la Douane n’ont pas baissé », déplore le président du Syndimac.

Minette Libong Li Likeng, Directrice générale des douanes (Dgd) s’est dite ouverte au dialogue. Elle a promis de rencontrer les quincailliers pour plus d’amples discutions sur ce désaccord. Mais, par ailleurs, elle a expliqué la valeur transactionnelle et les différentes méthodes de calcul. La Dgd reconnait néanmoins que « le texte de 2004 fixant une valeur minimale imposable fixant le prix de la Tonne à 230 000Fcfa n’a jamais été révisé. La note 209 a été prise lorsque certains exagéraient au niveau du poids. Et c’est pour encadre tout cela qu’on s’est référé au prix mondial ». Minette Libong Li Likeng indique que ces mesures ont été prises pour encadrer ce secteur d’activité, mais, reconnait qu’ils peuvent faire problème parce qu’ils n’ont jamais été révisés depuis leur adoption et ce, malgré l’évolution du marché du fer.
La Dgd souhaite « mettre une saine concurrence. Nous ne voulons ni vous tuer, ni que vous fermez. Nous allons nous concerter, étendre la note 209 aux nouveaux produits, trouver la moyenne et arrêter une classification plus large », a-t-elle promis aux quincailliers. Les importateurs et distributeurs des matériaux de construction voulaient certes la suspension de cette note 209, mais, ont accepté de dialoguer et d’étendre cette note à d’autres produits. Pour sa part, Christophe Eken, Président de la Ccima a souhaité la mise en place d’une collaboration entre la Douane et la Ccima. Il a par ailleurs promis la mise en place d’un cadre formel d’échange et de concertations pérennes ainsi que la création, en 2016, par la Ccima, d’un centre de médiation et de conciliation.