Cameroun – Code pénal: Patricia Ndam Njoya (Députée UDC) propose la révision de la nouvelle loi

La Députée de l’Union Démocratique du Cameroun (UDC) suggère un Code pénal plus adapté au contexte camerounais.

Visiblement, le débat est loin d’être retombé autour du nouveau Code pénal. Malgré sa promulgation le 12 juillet 2016 par le Président de la République, la nouvelle loi continue de susciter la controverse. Après la société civile, c’est au tour d’une élue de la nation de monter au créneau.

La Députée Patricia Tomaino Ndam Njoya, membre de la Commission des lois constitutionnelles à l’Assemblée Nationale, propose un Code pénal plus adapté aux réalités et au contexte camerounais. Elle s’attarde sur cinq points: la polygamie, l’adultère, le tribalisme, les nuisances sonores et  la peine de mort, indique La Nouvelle Expression (LNE) parue le 22 juillet 2016.

Concernant le premier point elle indique: «La polygamie pose le problème d’éducation des enfants souvent abandonnés à eux-mêmes puis des femmes qui sont affectés psychologiquement,  physiquement et gravement du point de vue de leur santé et souvent abandonnées à la pauvreté et enfin au mariage précoce avec toutes les conséquences qui s’ensuivent. Face à la gravité de ces  problèmes, les Camerounais  doivent être interrogées par voir référendaire pour se prononcer quant à la suppression pure et simple de cette pratique ou à son maintien,  avec un encadrement juridique écartant les sources de discriminations et de conflits, et respectant la dignité des femmes et des enfants».

À propos de l’adultère, l’épouse d’Adamou Ndam Njoya pense que «les dispositions ne sont pas pertinentes. Elles doivent répondre à l’éthique du mariage par lequel se construit la famille qui est le noyau de la société». L’élue de l’UDC suggère par ailleurs la pénalisation du tribalisme. «Les replis tribalistes conduisant à des conflits qui peuvent dégénérer entrainant des victimes comme on le vit dans certaines de nos Régions et qui, au niveau national, aboutissent à des discriminations remettant en cause l’unité nationale, il y a lieu de légiférer pour pénaliser les actes y conduisant ou les perpétuant», a-t-elle souligné.

Si elle souhaite que le Cameroun s’engage «dans la voie de la suppression de la peine de mort surtout que, dans le fond, les décisions ne sont pas appliquées», Patricia Ndam Njoya dénonce par contre les nuisances sonores: «une catégorie d‘infractions  qui n’apparait pas dans le projet gouvernemental. Pourtant de jour comme de nuit, des diffusions sonores répétitives troublent sans être punies, la tranquillité, voire la santé des enfants, des élèves et étudiants, des Camerounais dans  les quartiers, les rues  et les lieux de travail», regrette-t-elle. Idem pour le blanchiment, la corruption, le chèque sans provision et l’usure.