Cameroun – Cinéma. Ninah’s Dowry: affaire de dot…

Dans ce long métrage, le réalisateur camerounais Victor Viyuoh dévoile la violence au sein d’un couple pas comme les autres.

 

Du sang, des larmes, de la souffrance, tout ce qu’il faut pour déchirer toute idée reçue. « En général, quand un film fait trop parler de lui, je ne cherche pas à le regarder », a déclaré un journaliste culturel au terme de la projection-presse privée de « Ninah’s Dowry » le 14 juin dernier à l’Institut français de Yaoundé. Il a rapidement viré de bord, tant ce film du réalisateur camerounais Victor Viyuoh est brutal d’émotions. Salué par la critique dans divers festivals à travers le monde, « Ninah’s Dowry » tourné en 2012, est inspiré de faits réels, le drame d’Evelyn, la cousine du réalisateur. Le film présente dans un réalisme saisissant le calvaire de Ninah, une jeune dame de 20 ans, mère de trois enfants, mariée à un rustre. Le mot est faible. Il est l’incarnation même de la misogynie, dans ce village situé à quelques kilomètres de Bamenda, dans le Nord-Ouest du Cameroun.

Dans cette localité, la dot fait foi et transforme les femmes en bétail. D’ailleurs dans ces pâturages et collines bucoliques – les paysages du film sont à couper le souffle – bœufs et vaches ont bien plus de valeur que Ninah et ses « sœurs ». Quand survient la mort du père de l’héroïne, celui qui l’a offerte disons-le ainsi à son bourreau de mari, Ninah se rebiffe. Son époux exige qu’on lui rembourse sa dot. L’histoire tourne vite à une course-poursuite pleine de rebondissements. L’actrice Mbufung Seikeh, dans la peau de la victime loin d’être résignée, et Anurin Nwunembom, le mari impitoyable, sont impressionnants. Un film à voir absolument. L’avis de la rédaction : les deux pouces levés en signe d’approbation.